‹ Étude sur les poésies lyriques de GoetheChapitre 222 sur 224 · SiNTENis, G<Btlié'8 Etn/lu88 auf Uhl and · texte numérisé non relu

SiNTENis, G<Btlié'8 Etn/lu88 auf Uhl and

Avec lui, la poésie personnelle, que Goethe avait introduite en Allemagne, atteint son apogée. Un critique éminenla dit que fies liedèr de Heine ont une saveur d'amour et d'amertume, un arrière-goût de larmes et de passion qui manque à ceux de Goethe' >. Cela est vrai. Heine, lorsqu'il est ému, secoué par une passion, n'attend pas qu'elle s'apaise pour la chanter; il répand dans ses vers son amour, sa haine, ses colères, ses enthousiasmes soudains elles brusques revanches de sa cruelle ironie, au moment où le sentiment l'agite avec le plus de force. Il suit les conseils que Gœthe donnait à Eckermann avec plus de fidélité que son maître lui-même. Nous avons vu, en effet, que celui-ci est sur le point de se rendre maître de son émotion quand il chante, et qu'en l'exprimant, il achève de s'en délivrer. Aussi l'impressioa produite par les lieder de ces deux poètes est toute différente. Heine nous communique sa passion ; il nous ébranle, il nous secoue violemment; c'est la nature, la vie elle-même qui se traduit dans ses vers. Gœthe aspire moins à nous faire partager les' sentiments qu'il éprouve qu'à éveiller en nous la douce et pénétrante émotion que donne une belle œuvre d'art. « Le sentiment de la beauté, a-t-il dit lui-même', se montre avec le plus de puissance et de grandeur lorsqu'il modère et apaise, dans l'imitation de l'art, les explosions passionnées de la nature humaine ».

Dans Atta Trolly au milieu du défilé de la chasse maudite, le poète rencontre Gœthe et le reconnaît à «l'éclat de son regard tranquille ^ ». Cette sereine clarté

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