‹ Étude sur les polypes dermoïdes du pharynxChapitre 14 sur 26 · ÉVOLUTION ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION ET PRONOSTIC

La structure des polypes dermoïdes du pharynx explique leur évolution progressive : abondamment vascularisés, il n'existe aucune raison pour que d'eux-mêmes ils s'atrophient et disparaissent spontanément. Ils s’accroissent au contraire graduellement, surtout en longueur; proéminent alors davantage dans la cavité buccale, jusqu’au jour où leurs dimensions sont devenues telles que les troubles fonctionnels qu'ils entraînent par leur présence soient assez graves pour nécessiter une intervention chirurgicale.

La précocité de ces troubles dépend de deux conditions.

La première, c’est le siège même du polype. On comprend facilement que plus l'insertion sera haut placée, moins la tumeur aura chance de venir obstruer soit les voies aériennes, soit les voies digestives.

La seconde dépend du volume présenté au moment de la naissance. En raison de l’accroissement continu, plus le volume sera réduit, plus la tumeur sera longue

à atteindre les voies précédemment indiquées.

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Cependant cette marche habituellement lente peut dans quelques cas être modifiée. Sous une influence inconnue, mais comme cela se rencontre du reste dans une autre variété de productions analogues, les kystes dermoïdes, le polype présente tout à coup un aceroissement rapide. L'observation de Barton est un cas typique de ce genre : ce n’est qu'à l’âge de 22 ans que la tumeur par son développement a obligé la malade à venir consulter.

Dans une autre observation, celle de Lambl, le polype se détacha spontanément. Cette évolution est absolument anormale. L'auteur ne donne aucun renseignement sur la cause possible de cette chute. Seule, pensons-nous, une infection de la tumeur avec sphacèle consécutif pourrait peut-être servir à expliquer cette exception.

Les polypes dermoïdes du pharynx n'entrainent pas par leur nature même un pronostic sérieux: il n'en est pas de même pour les troubles que leur présence peut déterminer. Souvent méconnus chez l'enfant quand leur point d'insertion est bas situé, ils peuvent ne se révéler : que par un brusque accès d’étouffement, nécessitant une intervention d'urgence ; quelquefois même la trachéotomie immédiate est le seul moyen auquel on puisse avoir recours tellement l’asphyxie est imminente. Dans notre observation personnelle l'enfant avait bien présenté des quintes de toux, des vomissements, consécutifs à la présence de son polype, mais l'opération ne fut pas faite dès la première visite du D°Ripault. Les parents avaient seulement été prévenus des dangers possibles : quelques jours plus tard, Pévénement se réalisa : Le polype étant

venu se placer au niveau de l’orifice du larynx, l'enfant

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