‹ Étude sur les polypes dermoïdes du pharynxChapitre 9 sur 26 · A PS · texte numérisé non relu

A PS

Nous signalerons cependant que quelques auteurs, Fol, de Meuron, Kastchenko, Liessner, ont observé une perforation de la première et de la seconde membrane interbranchiale:

Rückert de même, une perforation du deuxième sillon, et enfin Zimmermam une fente entre les premiers et deuxièmes arcs branchiaux.

A l'état normal, sauf pour les premiers ares branchiaux, l’épithélium de revêtement des fentes disparait ; complètement.

Si nous avons si longuement insisté sur cette question de la fermeture complète ou non de ces fentes branchiales, c'est qu'elle nous à paru présenter un intérèt assez considérable pour l'explication pathogénique d’une des observations que nous relatons. Dans un cas en effet, celui d'Abraham, l'auteur fait remarquer que par l'examen pharyngé à l’aide du laryngoscope, on pouvait constater à côté du point d'insertion du polype dermoïde, au niveau de la partie antérieure de la trompe d'Eustache, des épaississements cutanés, l’un d'eux pouvant peut-être répondre au point mème d'implantation de la tumeur. La présence de ces épaississements cutanés, d’origine nettement ectodermique, pourrait s'expliquer parfaitement si par suite de l'absence de fermeture de la fente branchiale à ce niveau, la partie ectodermique avait pu venir faire saillie au niveau de la cavité buceale primitive. Qu'il ÿ ait eu une malformation analogue à celle que signalent Fol, de Meuron, etc., précédemment nommés, c'est Ce que nous pouvons supposer, et nous som-

mes même, croyons-nous, autorisés à nous demander si,

CAROL #1 comme condition prédisposante à la production des tumeurs que nous étudions, il ne faudrait pas faire intervenir cette absence de coalescence des revêtements ectodermiques et endodermiques en un point circonserit d'une fente branchiale.

Sans insister sur le développement particulier de chaque are branchial, développement qui sortirait de notre sujet et qu'on trouvera décrit d’une manière si claire et si complète dans l’article de Broca, nous rappellerons seulement quels sont les organes qui chez l’adulte proviennent de ces arcs branchiaux.

Le premier arc fournit à lui seul deux bourgeons, lun supérieur, le bourgeon maxillaire supérieur, l’autre inférieur, le bourgeon maxillaire inférieur. Le bourgeon maxillaire supérieur donne lui-même naissance à deux autres bourgeons : ptérygopalatin et palatin par l'intermédiaire desquels nous verrons se former deux os: los palatin et l’aile interne de lapophyse ptérygoïde. Le squelette du maxillaire inférieur est primitivement représenté par un cartilage : le cartilage de Meckel, autour duquel se développera dans le segment antérieur le maxillaire inférieur et aux dépens duquel le segment postérieur donnera le marteau et l’enclume.

Le deuxième arc forme pour sa part : l’étrier, l’éminence pyramidale avec le muscle de l'étrier, l'apophyse styloïde et l'appareil suspenseur de l'os hyoïde, e’est-àdire le ligament stylo-hyoïdien. Cet arc était représenté au début par une production cartilagineuse analogue au cartilage de Meckel, c’est le cartilage de Reichert. Signalons particulièrement que par son bord interne ou pha-

- Q DEccoux. 3

ME ann ryngien cet are constitue les piliers antérieurs du voile du palais (Prenant (1), Tourneux) (2).

Aux dépens du troisième are se développeront : la partie de la paroi latérale du pharynx qui se continue avec la racine de la langue, au point où le nerf glossopharyngien pénètre dans la langue, les grandes cornes de los hyoïde et le muscle staphylo-pharyngien. D’après les auteurs précédents et d’après Landois, le pilier postérieur du pharynx dériverait du troisième arc branchial. Cette conception ne peut résister à la remarque suivante : si l’on admet que les fossettes de Rosenmuller et les fossettes sus-amygdaliennes dérivent de la même poche branchiale, il est impossible de comprendre comment ce pilier dériverait d’un arc branchial qui viendrait dans ces conditions couper la poche branchiale. Il est donc plus simple d'adopter l’opinion de His pour qui les piliers postérieurs sont complètement indépendants, et proviennent des apophyses palatines du maxillaire supérieur qui, au niveau du plan médian, ne se soudent pas.

Tels sont les organes auxquels donnent naissance les ares branchiaux: essayons maintenant de déterminer à l'intérieur de la cavité bucco-pharyngée le trajet des poches branchiales endodermiques. Ce trajet étant connu ainsi que les dérivés branchiaux, nous pourrons alors établir un schéma de ces fentes analogue à celui que Cusset ou Sutton avaient figuré pour représenter leur

trajet externe. Le schéma de ces auteurs est malheu-

(1) Prenant. Anatomie Hum. de Poirier. Tube digestif. (2) Toureux. Précis d’embryologie.

reusement inexact, car on sait aujourd'hui que la place de l’'orifice externe est essentiellement variable, ne répondant en aucune facon aux fentes branchiales primitives, puisque cet orifice n’est simplement qu'une persistance partielle du sinus précervical.

Ce trajet des fentes branchiales peut s'appuyer sur deux sortes de données :

La première nous estfournie par lembryologie directe, avec His(r).

Une traduction à peu près littérale de cet auteur nous fournit les localisations suivantes :

a) « Aux dépens de la première poche interne, se for- « ment d'une part la trompe d'Eustache avec la caisse « du tympan, d’autre part la partie postérieure de ce « sillon en forme de V qui sépare le corps de la langue, « de la racine de cet organe.

b) « Les restes de la deuxième poche, sont la fos- « sette de Rosenmuller et la fossette sus-amygdalienne ». Celle-ci chez l'adulte est sujette à de grandes variations, sa profondeur se modifie suivant le degré de prolifération adénoïde qui formera l'amygdale.

c) « Moins marqués sont les restes du troisième « sillon : à ces restes appartient l’espace placé en avant « du Plica nervi laryngii». Nous verrons plus loin à quelle région correspond cette dénomination de His.

d) « De la quatrième poche enfin et de son annexe le.

(x) His. Anatomie Menschlicher Embryonen. Arch. für Anat. und phys.,

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