‹ Etude sur les populations bambaras de la vallée du NigerChapitre 13 sur 18 · COIFFURE · texte numérisé non relu

COIFFURE

La religion a une grande influence sur la coiffure des hommes. Les musulmans se rasent la tête et laissent une simple touffe sur le sommet. Généralement, les non-musulmans se rasent le devant du crâne, de façon à augmenter beaucoup la grandeur du front : le surplus de la tête reste alors garni de ses cheveux. Cependant, on rencontre souvent des hommes qui, rasant deci, laissant pousser de-là, se sont dessiné sur la tête des ronds, des croissants, des dessins plus ou moins singuliers. Chacun, dans ce cas, s'inspire de sa fantaisie.

En guise de rasoirs, les perruquiers noirs — et chacun devient à l'occasion le barbier de son voisin — se servent de leurs couteaux, souvent en fer plus ou moins mal battu, ou d'un tesson de bouteille. Malgré la primitive imperfection de ces instruments, il est rare qu'ils se blessent, et ils rasent la tête

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ou les joues de leurs camarades d'aussi près que le meilleur artiste (n'est-ce pas le terme consacré) européen.

La coiffure des femmes bambaras se compose de quatre groupes de cheveux ou tresses dont les bases se trouvent sur la ligne longitudo-médiane de la tête. Les coiffeuses — car il est impossible à une femme de se coiffer seule, et cette opération compliquée nécessite toujours l'aide de plusieurs captives — amies — ou voisines, selon la position de la femme — ramènent une première tresse devant une oreille ; une seconde devant l'autre oreille ; les autres tresses, attachées ensemble, retombent sur la nuque. Cette coiffure porte le nom de Gosi den Nani, et est très répandue. Une autre, presque aussi fréquemment rencontrée, consiste à partager les cheveux en quatre tas égaux et symétriques deux par deux : avec chacun de ces tas, on forme une grosse tresse, qui se placent naturellement, deux devant les oreilles, deux derrière. Il existe encore d'autres variantes, mais dans toutes on part du même point, savoir : le partage de la chevelure en quatre parts.

Les femmes mariées ont comme signe distinctif une tresse ou une touffe de cheveux devant chaque oreille.

Ces coiffures nécessitent souvent l'emploi de postiches, notamment quand il s'agit d'établir le cimier ou casque transversal qu'affectionnent les élégantes, et qui se fait avec deux des quatre tresses indiquées ci-dessus. Elles sont compliquées; aussi doivent-elles durer longtemps : la moyenne est de trois mois. Chaque jour, elles sont enduites de beurre de Karité ; l'odeur forte, désagréable et même odieuse pour nous autres Européens que répandent les négresses, est due en grande partie à cette coiffure. Les cheveux des femmes bambaras sont d'un beau noir, épais, assez longs; elles en ont beaucoup : mais ils sont tellement serrés, comprimés et pressés qu'elles paraissent presque dépourvues de cet ornement si fort apprécié chez nous.

Les femmes ont tout le reste du corps soigneusement épilé, à quelques rares exceptions près, que l'on rencontre surtout parmi les femmes ayant été en contact suivi avec des Européens. Notons que celles-ci sont toujours de classe inférieure et l'objet d'un profond mépris pour les autres femmes

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