‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 120 sur 342 · LE MONASTÈRE DE SAINT-FLORENT-LE-VIEIL · texte numérisé non relu

LE MONASTÈRE DE SAINT-FLORENT-LE-VIEIL

L'abbaye Saint-Florent, après avoir été fixée au Mont- Glonne, au nord du pays des Mauges, puis détruite au milieu du IX° siècle par les invasions normandes, avait été restaurée en 950 par le comie Thibaud de Blois, qui l'avait établie à Saumur, dans ses états **. De là, quelques moines avaient été envoyés au lieu de l’ancienne fondation où ils avaient créé le monastère de Saint-Florent-le- Vieil, dépendant de Fabbaye-mère Saint-Florent de Saumure

Ce monastère fut dans une position très fausse durant les quarante premières années du règne de Foulque Nerra (983-vers 1030). Il était rattaché, ainsi que le terriloire qui lui était soumis, au comté de Nantes”, mais élait situé en plein milieu d’un pays que le comte d’Anjou conquérait morceau par morceau *’. Formant comme un îlot enclavé dans des possessions étrangères, il fut conquis à son tour vers 1030 *.

loires possédés par Saint-Florent-le-Vieil dans les Mauges, cf. infra, Appendice X, p.288. La première liste est tardive (1143) ; mais, dès le début du XI° siècle, on a la preuve que, outre l’important îlot groupé autour de Saint-Florent-le-Vieil, un autre îlot, situé près de Montfaucon, dépendait du monastère (Fragmentum veleris hisloriae, Chroniques des églises d'Anjou, éd. MaBizze et MARCHEGAY, p. 216 : EsSpetvan = Saint-Macaire-en-Mauges). Cf. infra promet n 45 et 0;

24. Fragmentlum veteris historiae Sancti Florentii Salmuriensis, éd. MarcHEeGay et Magie, Chroniques des églises d'Anjou, p. 211; cf. Giry, Étude critique de quelques documents angevins de l'époque carolingienne, dans Mémoires de l'Académie des: inscriptions.., XXXVI, »° partie, 1900, pp. 222-224.

25. Historia Sancti Florentii Salmuriensis, éd. MarconeGay et Magicré, op. cit., pp. 234-240; cf. Grry, ibid., p. 224.

26. HALPHEN, 0p. cil., p. 13, n. 2. Voir le passage de la Chronique de Nantes cité infra, n. 28.

27. Foulque Nerra conquiert Montrevault vers l'an 1000, Montfaucon vers 1026 (HALPHEN, 0p. cit., p. 52).

28. Chronique de Nantes, XLVIT, éd. MERLET, pp. 139-140 : « Insuper abbatiam Sancti Florentii Namnetici territorii, quae eral sui juris (sui se rapporte à Budic, comte de Nantes), Fulco comes recenter abstulerat, et castellum ibi, ne jam sub sua dominatione extraæissel, fecerat »; Voir aussi Historia Sancti Florentii Salmuriensis, 6d. MARGHEGAY et MABILLE, p. 282 ; cf. HALPHEN, Op. cil., DAC DATE

Par surcroît, l’évêque d'Angers, imitant le comte, S'infiltrait lui aussi dans le pays des Mauges, jusqu'à l'incorporer finalement tout entier à son diocèse ”. Est-il possible de suivre les progrès de celte infiltration et de retracer l'histoire ecclésiastique du pays des Mauges ?

Deux faits sont hors de doute : 1° ce pays faisait partie du diocèse de Poitiers en 942; »° après que Foulque Nerra en eut terminé la conquête (vers 1030-1040), il est considéré comme annexé au diocèse d'Angers‘. Mais, dans l'intervalle, qu'est-il devenu ?

On peut démontrer que son histoire ecclésiastique s’est exactement calquée sur son histoire politique ; qu'il fut incorporé, en 942, au diocèse de Nantes en même temps qu'au comté de Nantes ; puis, qu'à la fin du X° et au début du XI° siècle, il passa, morceau par morceau, aussi bien au diocèse d'Angers qu’au comté d'Anjou. C'est la phase intermédiaire du rattachement au diocèse de Nantes quil faut établir, voici par quels arguments.

1° La Chronique de Nantes qualifie les pays de Mauges, d'Herbauge et de Tiffauges, après leur acquisition par Alain Barbetorte, de « fines Namnetici territorii »*". Un peu plus loin, elle dit que le monastère de Saint-Florentle-Vieil était compris dans le « territorium Namneticum » lorsque Foulque Nerra en fit la conquête. Or, elle prend toujours le mot ferritorium dans le sens le plus large de circonscription à la fois civile et ecclésiastique, englobant comté et diocèse **.

29. A. LonGnow, Pouillés de la province de Tours, p. xLv, et Atlas historique de la France, texte, p. 102.

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