‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 121 sur 342 · Ibid., XLVII, p. 139; supra, p. 92, n · texte numérisé non relu

Ibid., XLVII, p. 139; supra, p. 92, n

33. La Chronique emploie onze fois le mot ferritorium (ibid., pp. 6, 7, 9, 10, 18, 29, 94, 96, 108, 116, 139), et toujours dans le sens très étendu de territoire dépendant de l’urbs Namnelica « urbem Namneticam et territorium ejus », p. 9; même locution pp. 18 et 108; voir aussi l’exemple de la p. 96 (infra, p. 95, n. 36); elle parle, avec le même sens, du territorium Pictavium (p. 7), du territorium Rodonense (pp. 11, 114, 135), Andegavense (pp. 30, 32). Le lerritorium Namneticum englobe un territoire plus grand que

»° Une lettre de Grégoire VII à l’archevêque de Tours (entre 1073 et 1079) rapporte que l’évêque de Nantes s’était plaint au pape que l’abbé de Saint-Florent lui eût arraché une partie de son diocèse au profit de l'évêché d'Angers. Le territoire contesté ne peut être que la région des Mauges dépendant de Saint-Florent-le-Vieil **.

l’ancien pagus Namneticus (exactement comme le terrilorium Pictavense, cf. LevizLai, Actes de Pépin I* et de Pépin II... Introd., p. czxxxv), et la différence entre les deux est le produit des conquêtes des IX° et X° siècles. Quant au diocèse de Nantes, qui s'était moulé jusqu'au IX° siècle sur l’ancien pagus (LONGNON, Atlas hist., p. 102, et In., Les cités gallo-romaines de la Bretagne, Mém. du Congrès scientif. de France, 38° session, 1872, tir. à part; Saint-Brieuc, 1873, pp. 42-45), il correspond désormais au territorium (A. pe Courson, Cart. de l’abbaye de Redon, coll. de Doc. inéd., 1863, Introd., p. exv, n. 3), et la Chronique de Nantes ne paraît même pas soupçonner que les limites du diocèse puissent différer de celles du terrilorium (voyez notamment l'exemple cité DO En SO)

L'équivalence est telle. que le mot terrilorium est même quelquelois pris dans le sens plus étroit de diocèse : outre les exemples cités par Du Cance (v° territorium), nous en trouvons un dans une fausse bulle de Jean XVIII, fabriquée, entre 1026 et 1044, par les moines de Saint-Florent de Saumur (cf. infra, p. 105). Le faussaire, voulant reproduire la formule habituelle des privilèges ponlificaux où est indiqué le diocèse auquel appartient le monastère bénéficiaire, s'exprime ainsi : « Monasterium sancti Florentit confessoris Christi, situm in loco qui dicitur Salmurus, in territorio Andecavensi » (publ. MarcHEGAY et MaBizre, Chronique des églises d'Anjou, pp. 254-255). Le faussaire n'a pu employer qu'une expression courante, sinon il eût risqué d'éveiller des soupçons. Et, comme il vivait à la même époque et dans la même région que l’auteur de la Chronique (rédigée à Nantes par un chanoine de la cathédrale entre 1050 et 1059, cf. MerLer, ibid., Introd., p. xxxix), nous nous croyons autorisé à admettre que lorsque cet auteur de la Chronique écrit que le monastère de Saint-Florent-le-Vieil est compris dans le {errilorium Namneticum, il veut dire qu'il fait partie du diocèse de Nantes.

34. Le texte de cette lettre a été récemment retrouvé et publié par G. Morin (Revue Bénédictine, XLVTIT, 1936, pp. 124-125, n° 5) : « Dileclissimus confrater noster Q., Nannetlensis episcopus, querilur quod abbas monasterii sanceli Florentii partem diocesis suae iniuste sibi auferal, et alteri episcopatui subdere praesumat. » L'évêque de Rennes se plaint de spoliations analogues: toutes ces spoliations se font au profit de l'évêque d'Angers, et le pape charge l'archevêque de Tours de faire cesser ces abus : « Redonensem etiam episcopum nichilominus de diocesi sua iniuriam maximam intulisse innotuil (Nannelensis episcopus). Et de aliis, qui bona ecclesite suae in Andegavensi episcopalu retinent, volumus te diligenler operam dare, quatenus ipse de his omnibus per Le apostolica

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3° On peut encore faire valoir un argument de texte. Nous le retrouverons plus loin *.

Une telle confusion du régime politique et du régime ecclésiastique s'explique d’ailleurs par l'appropriation des biens d'église, qui s'était donnée libre carrière dans la région de la basse Loire. Alain Barbetorte, qui dépouillait l'évêché de Nantes de la plus grande partie de ses biens", aurait-il respecté, sur les pays qu'il avait conquis, les droits d’un évêque étranger ? Durant toute la seconde moilié du X° siècle, les comies de Nantes, considèrent l'évêché comme un bien dont ils gratifient leurs cadets quand ils ne l’accaparent pas pour euxmêmes : en 981, c'est le propre frère du comte Hoël, Guérech, qui est choisi pour devenir évêque. Il vient de partir pour Tours afin de recevoir la consécration des mains de l'archevêque, lorsque le comte Hoël meurt inopinément; Guérech rebrousse chemin, et, comme il est toujours laïque, rien ne l'empêche de devenir comte *’; mais il n'abandonne pas pour autant l'évêché : il cumule

auctoritate fultum plenam iustiliam consequalur. » Cette lettre se situe entre 1073 (pontificat de Grégoire VII) et 1079 (date extrême de l’épiscopat de Guérech IT de Nantes, 1060-1079).

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