‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 133 sur 342 · CONCLUSION SUR LES FAUX DE SAINT-FLORENT · texte numérisé non relu

CONCLUSION SUR LES FAUX DE SAINT-FLORENT

Quant à la falsification du diplôme de Charles le Chauve, postérieure à celle de la bulle, elle se situe a fortiori entre 1026 et le milieu du X[° siècle. Elle concorde done avec les luttes qui avaient suivi la conquête du territoire de Saint-Florent-le-Vieil par Foulque (1030- 1040), et cette coïncidence n’a rien que de très vraisemblable

En résumé, nous croyons avoir établi que le privilège de juridiction de Saint-Florent-le-Vieil sur le territoire des Mauges existait sans doute dès la fin du X° ou le début du XI° siècle, et, en tout cas, vers 1030. Il était dû à une usurpalion des moines, facilitée, sinon provoquée, par la situation d’enclave où étaient leurs possessions des Mauges, et élayée successivement de deux titres faux une bulle apocrvphe de Jean XVIII et un pseudo-diplôme de Charles le Chauve, fabriqués, la première, entre 1026 et 1044, le second, entre 1026 et le milieu du X[° siècle.

La franchise des coutumes épiscopales est donc apparue dans les provinces de Sens et de Tours à la même époque qu'en Normandie.

chemin, d'une main contemporaine : « PREGEPTUM Jonannis Pape »), vient à l'appui de notre opinion : elle peut être approximativement attribuée au milieu du XI° siècle.

83. Ici encore, l'écriture du pseudo-original, qui remonte, disait Giry {0p. cit., p. 233), « tout au plus aux premières années du XIe siècle », vient appuyer notre opinion. — Un autre rapprochement de date vaut encore d'être noté : la période des faux correspond à une époque de grande activité scripturaire à Saint-Florent de Saumur. Les événements de 1026 avaient, semble-t-il, entraîné d'importantes destructions de documents : l’Historia Sancti Florentii incrimine Foulque et Geoffroi Martel (lequel, après la prise de Saumur, en avait reçu de son père le gouvernement; HALPHEN, op. cit., p. 111) de pertes d’écrits qu'ils avaient subies (« ..… ab his itaque raptoribus — Foulque et Geoffroi — ecclesia nostra, tum praedonum pervasione, tum scriplorum amissione, gravissimum subit detrimentum »; éd. MaroneGaAy et MaBicze, p. 260). Des copistes se mirent à l’œuvre, et leur travail aboutit notamment à la constitution d’un important cartulaire, le Livre noir (Bibl. Nat., ms. des nouv. acq. lat. 1930), composé au milieu du XI° siècle (GiRY, 0p. cit., p. 225; HALPHEN, 0D. cit., p. xx1), entre 1040 et 1060, précise M. Omoxr (Catal, des mss. …… de la collection Philipps, p.64), 1040-1070, pense M. SAcHé (Inv. cité, p. 475). Ce n’est pas la première fois que l’on remarque la concordance, dans un même scriptorium, entre l'activité des faussaires et celle des copistes.

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