‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 134 sur 342 · COUTUMES ET REDEVANCES · texte numérisé non relu

COUTUMES ET REDEVANCES

Elle s’y crée de la même manière : tantôt acquise par une concession régulière, tantôt usurpée ; et l’on peut ajouter, comme en Normandie, que des laïques possèdent parfois les coutumes épiscopales et en gratifient des monastères **.

Elle y présente à peu près les mêmes caractères. Il faut toutefois noter une différence de formule. Les textes ne disent pas : « l’église est affranchie de toute coutume épiscopale » ; ils emploient une expression telle que « l’église est affranchie des droits de synode et de visite et de toute redevance due à l’évêque ». On rencontre rarement le mot « coutume ® ». Ceci conduit à présenter deux observations.

En premier lieu, les textes insistent sur les droits de synode et de visite. Les actes normands contemporains ne les citent presque jamais : trois fois seulement, à notre connaissance * ; la plupart du temps, ils les englobent implicitement dans la catégorie générale de coutumes épiscopales. Au contraire, dans les provinces de Sens et de Tours, ces droits sont considérés comme très importants. Dépassant l’objet pécuniaire apparent, ils sont le

84. En 1053, Guillaume de la Ferté-Macé, en même temps qu'il donne aux moines de Saint-Julien de Tours, dans le diocèse de Sées, trois églises avec les coutumes épiscopales (supra, p. 71), leur en donne deux dans le diocèse du Mans, « cum decimis, primiliis. sepulluris, Synodo, circada et cum omnibus reditibus episcopo perlinentibus, sicut ego de Cinomannensi pontifice, de cujus episcopalu sunt, possideo » (Denis, Chartes de Saint-Julien de TOUTS CRETE MASC EAP 00)

85. On relève le mot «.coutume synodale » dans un texte de 1004 (supra, p.85, n.4) et dans un texte de 1066, cité supra, p. 89, n. 14. Le mot « coutume » est pris dans le sens de coutume épiscopale dans un texte de 1070 (Prou, Recueil des actes de Philippe I, XLIX, p. 133 : consueludinis redibilio), et l’on trouve l'expression « coutume épiscopale » dans plusieurs textes pour Saint-Père de Chartres pour la fin du XI° siècle (référence infra, p. 206 et n. 97). Voir aussi Supra, P. 90, n. 16.

86. On les trouve dans un acte de l’archevêque de Rouen, Hugues, de 979-980, supra, p.88, n.14 (et encore s'agit-il d'une église du Vexin français); dans les lettres de Fulbert de Chartres, de 1020 environ (supra, pp. 66-67), et dans l'acte de 1053 (supra, P. 1 n. 38). Après 1060, on les rencontre fréquemment (infra, D'An0/Prelorn:

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