CNUT ET L'ÎLE DE THANET DIT
Le règne de Cnut (1014-1035) fut d’ailleurs bienfaisant pour l'Angleterre, et le conquérant, une fois sûr de sa victoire (1017), releva les ruines qu'il avait accumulées; converti au Christianisme, il favorisa l’Église et, comme son Contemporain normand Robert le Magnifique, comprit les avantages qu'il aurait à faire collaborer les moines au maintien de la paix publique. C’est uniquement cel aspect, d’ailleurs limité, de son œuvre, qu'il nous faut considérer.
Il est symplomatique que ce soit dans l’île de Thanet que l'on trouve le premier exemple d'une justice ecclésiastique accordée à des moines. Cette île *”, située à l’exirémité nord-est de la presqu'île de Kent, faisant saillie dans l'estuaire de la Tamise et commandant l'accès de Canterbury, avait été, en 980, l’un des tout premiers points occupés par les Danois "”°, qui y avaient détruit le monastère de Minster ‘"". L'importance d’une telle position géographique pouvait d'autant moins échapper à Cnut qu'il cherchait à se tailler un empire autour de la mer du Nord et réussit à joindre, à sa couronne d’Angleterre, celles du Danemark, en 1018, et de Norvège, en 1020 +. |
L'année précédente (1027), il avait donné une nouvelle organisation ecclésiastique à la région de Thanet. Il conféra tous les biens de l’ancienne abbaye de Minster aux moines de Saint-Augustin de Canterbury et notamment
dentale de 888 à 1125, pp. 280-286; W. J. CorBerT, dans Cambridge medieval history, IIT (1922), pp. 378-386.
98. FLicHe, op. cit., pp. 286-297; CoRBETT, Op. cil., pp. 386-388. ;
99. C'était, en effet, encore une île lorsque saint Augustin y débarqua, à la fin du VI® siècle (Ducuesne, L'Église au VI° siècie, p. 6or), mais elle fut, depuis lors, rattachée à la terre ferme, ne gardant plus d’île que le nom. Voir la reproduction d'une ancienne carte de Thanet dans AASS., juillet, IT, p. 489 ; les différentes églises de l’île y sont indiquées.