‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 168 sur 342 · SAINT-ÉTIENNE DE CAEN · texte numérisé non relu

SAINT-ÉTIENNE DE CAEN

de deux abbayes, l’une de moines, l’autre de religieuses : telle est l’origine de Saint-Étienne et de la Trinité de Caen:

Le lieu n'était point choisi au hasard. Ni la valeur stratégique, ni la valeur économique de Caen n’échappaient à Guillaume. C’est dans ses environs qu'il avait, en 1047, gagné la victoire du Val-des-Dunes, puis tenu les conciles de Vaucelles pour la paix ducale (1045-1061), et il fit, lors de la guerre contre Henri 1” (1058), entourer le grand bourg d’une muraille’. Caen, d'autre part, situé dans la basse vallée de l'Orne, réunissait les conditions d’une ville et d’un port. Guillaume « n’a pas créé la ville, mais en a le prémier compris toute l'importance possible** ». Poursuivant une politique amorcée dès Richard IL, il la fit bénéficier du régime de la tenure en bourgage qui, par la franchise des taxes seigneuriales, provoquait l’afflux des habitants et encourageait le commerce. Le territoire ainsi affranchi était divisé en trois « bourgs » dont l’un dépendait du duc, les deux autres, des abbayes de Saint-Étienne et de la Trinité *. « La ville de Caen est une création volontaire des ducs de Normandie *°. »

Au gouvernement de Saint-Étienne, Guillaume préposa Lanfranc, qui en fut le premier abbé (1063-1070) *’ et qui, entrant dans les desseins de son maître, fit du monastère un important centre religieux et intellectuel où se formèrent plusieurs personnages destinés à jouer un rôle éminent dans l’Église anglo-normande de la fin du XI° et du début du XII siècle : notamment un archevêque de

26. G.Ch., XI, 420 et 431: PreNTouT, Introduction à l'histoire de Caen, Caen, 1904, pp. 29-32, etc.

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