‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 169 sur 342 · BULLE D ALEXANDRE II · texte numérisé non relu

BULLE D ALEXANDRE II

Rouen ”, des abbés de Saint-Ouen de Rouen *, du Mont- Saint-Michel‘ et de Saint-Albans *. Il a peut-être même, suivant la conjecture de Prentout, « fondé à Caen une véritable école de droit et de théologie dont on retrouve la trace aux siècles suivants » et qu'il faudrait relier « par une chaîne peul-être ininterrompue » à l'Université de Henri VI. Une telle abbaye, que Guillaume le Conquérant devait choisir pour sépulture’, comme Richard II avait choisi Fécamp, ne pouvait manquer d'acquérir d'importants privilèges.

Le 14 janvier 1068*, Lanfranc obtenait du pape Alexandre Il une bulle d’exemption, qui, outre la protecüon apostolique‘, accordait à l’abbaye l'évocation à Rome de tout litige entre elle et un évêque et interdisait au diocésain — l'évêque de Bayeux — de frapper les moines d'interdit et d’excommunication. En cas de faute de l'abbé ou des moines, l’évêque n'aurait d'autre ressource que d'intervenir auprès d'eux « en secret et à l’amiable » pour les inviter à se corriger ; et, s'ils persévéraient dans l'erreur, il devrait saisir l'archevêque de Rouen et le concile provincial, seuls compétents pour juger ‘, lui-même n'étant que l’exécuteur de leurs déci-

32. Guillaume Bonne-Ame, moine puis abbé (1070-1079) de Saint-Étienne avant de devenir archevêque de Rouen (1079-1171) (CAC XI 2 0)

33. Le successeur de l’abbé Nicolas (1042-1092, supra, p. 4, n. 51) est Helgod (rog2-1112), ancien prieur de Saint-Étienne (G.Ch., XI, 143).

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