LANFRANC ET L'EXEMPTION ROMAINE
Bury n'est pas seule en cause”, paraît avoir été vigoureuse. Eadmer raconte qu'il alla même jusqu'à confisquer la bulle d'Alexandre IT que Baudouin avait produite, et qu'il n’accepta de la lui restituer qu'à la fin de sa vie, sur d'instantes prières *. À ce moment-là, le procès était déjà terminé depuis plusieurs années ; il avait été jugé le 31 mai 1081 par Guillaume le Conquérant, en assemblée plénière d'évêèques et de barons où tout représentant du pape était absent *. Le roi donna raison à Baudouin contre Herfast, mais le diplôme qu'il accorda pour confirmer les privilèges de Bury cite les chartes royales antérieures et passe la bulle sous silence; il soustrait le monastère à la « domination » de l’évêque de Thetford, mais ne souffle mot d’un rattachement quelconque à Rome. Lanfranc, qui souscrit l'acte en troisième, aussitôt après Guillaume et Mathilde’, l'avait emporté contre Grégoire VIT, et il avait d’ailleurs été soutenu dans sa lutte par le Conquérant qui, depuis 1079, était en froid avec le pape *.
71. I refusa, malgré les objurgations du pape, d'assister aux synodes romains de 1074 et 1075, et fut même plusieurs années sans aller à Rome (Bônmer, Kirche und Stlaat, P- 132; FLICHE, op. cit, LL 8257).
72. EaoMer, Historia Novorum, I, éd. Rue, p. 132 : « Quod jaclum (le fait même de l'octroi du privilège par Alexandre II: ce passage vient à la suite de celui cité supra, p. 147, n. 56) Lanÿfrancus archiepiscopus moleste accipiens ipsum privilegium abbati abstulil, nec illud ei nisi cirea finem vitae suae multorum precibus molus reddere voluit. »
73. Il semble d’ailleurs, à en croire le chroniqueur Herman, qu'il y ait eu une courte période de trève durant le conflit entre Herfast et Baudouin (HERMAN, 27, éd. ARNoLD, I, pp. 64-65). Sur celle trève, cf. KNowLes (ibid., p. 211), qui pense qu'elle eut lieu en 1078.
71. Voir l'acte de 1081 dans Doucras (Feudal documents, Royal charters, n° 3, pp. 50-55). Il faut admettre, avec H. Doucras (0p. cil., pp. XxXxXHI-xxx1V), Dom KNowzes (op. cit., Downs. rev., 193», P. »11), et malgré Davis (Regesla, n° 137, p. 36), l'authenticité de cel acte qui, tout au plus, nous est peut-être parvenu avec quelques rémaniements de forme n'altérant pas le fond. Le roi veut «ul ab Arfasli episcopi omniumque sibi per lempora subcedenlîum episcoporum dominalione ipsa ecclesia et villa in qua sila est eadem ecclesia, sit libera ».