SECONDE RECENSION DE LA CHARTE ÉPISCOPALE
lesquels ils allaient bientôt en construire "7, Il se produisit, en effel, ceci : après une période de flottement de quelques années !, le territoire privilégié se moula sur l’organisation paroissiale au point d'arriver à comprendre huil paroisses el rien d'autre. De cette évolution, la seconde recension de la charte d'Eudes de Conteville marque le point d'aboulissement.
>° Celle seconde recension nous est parvenue par l’intermédiaire d'une pancarte tripartite, conservée en deux pseudo-originaux dont l'écriture peut être datée, semblet-il, de la première moitié du XII° siècle. La pancarte comprend trois actes :
1) un acte de l'archevêque de Rouen, Guillaume Bonne-Ame (1079-1111), affranchissant l'église Saint- Martin de Longchamps, appartenant à Saint-Étienne, des droits de synode et de visite et de toute redevance due à l’évèque ;
2) l'acte d'Eudes de Conteville (2° recension) ;
3) un acte de Geoffroi de Montbray, évêque de Coutances (1048-1093), dispensant des mêmes taxes diverses
par une pancarte souscrite par Guillaume, Davis, Regesta, 171) et de Saint-Nicolas de Caen (dont la possession, qui leur avait été contestée par les religieuses de la Trinité, leur fut confirmée par Guillaume en 1083, Davis, Regesta, 182), qui sont toutes deux mentionnées à Ja fin du texte, après la clause de privilège. Leur place dans le texte permet de dire qu'elles n'ont été achevées de construire qu'entre 1073 el 1077.
107 ITA, p.100:
118. On saisit, à propos du domaine de Rots, les difficultés auxquelles le premier système devait donner lieu. La première recension donne aux moines « tout Rots, sauf l’église » (infra, p. j., n° >) qui, en effet, appartenait à ceux de Saint-Ouen de Rouen depuis l’époque de Richard IT (Arch. S. L, 14, H 145). Les moines, peu d'années plus tard, allaient revendiquer et se faire reconnaitre par Eudes de Conteville la franchise des coutumes épiscopales sur cette église (infra, p. 172) : en fait, ils ont loujours joui sur cette paroisse de la juridiction spirituelle (Arch. S. I, 14, H 160). Imagine-t-on quel imbroglio c'eût été si les domaines de Saint- Étienne eussent dépendu de la juridiction de l'abbé de Caen, quoique enclavés dans une paroisse dépendant de celle de l’abbé de Saint-Ouen, le tout étant situé en plein milieu du diocèse de Bayeux ? Une telle situation a peut-être duré quelques années ; elle ne pouvait s'éterniser; Saint-Étienne, ne possédant pas l’église
possessions de l’abbaye dans son diocèse, parmi lesquelles les églises de Baupte, Houtteville et Meautis ””.
Réglons tout de suite une question critique. Les moines de Saint-Étienne n'ont acquis l’église Saint-Martin de Longchamps qu’en 1096, à la suite d’un échange avec Saint-Bénigne de Dijon '*. Donc l’acte de Guillaume Bonne-Ame est postérieur à cette date. Or, la pancarte porte les souscriptions de Mathilde (+ 1083), de Guillaume (+ 1087), et Geoffroi de Montbray est mort en 1093. La pancarte est donc un faux. Est-ce à dire qu'il faille rejeter les trois actes qu'elle contient? Nous ne pensons pas. Aucun d’eux, pris séparément, n inspire d'inquiétude : il est très vraisemblable que Guillaume Bonne-Ame, ancien abbé de Saint-Étienne, ait affranchi, après 1096, l’église de Longchamps, et les actes d'Eudes de Conteville et de Geoffroi de Montbray n'offrent pas plus de prise à la critique. Seul, le groupement des trois textes, présenté tel quel, est impossible. Nous sommes en présence d’un faux diplomatique, élaboré sans doute au début du XIT° siècle, dont les différents éléments paraissent bons *.
Revenons à la seconde recension d’Eudes de Conteville
de Rots, perdit toute juridiction sur les domaines qu'elle continua cependant très longtemps d'y avoir (une sentence du légat du pape règle, en 1300, un litige entre les moines de Caen et ceux de Rouen au sujet des dimes que les premiers percevaient sur leurs domaines de Rots, Arch. S.I., 14, H 160).
NT0-.Lexte njrA, DJ, 1129. 0p- 200:
120. Ils ont échangé l'église de Longchamps contre celle de Saint- Hippolyte de Coubertôt qu'ils possédaient en Bourgogne. L'acte d'échange, publié par Hasrins (Norman Inst., p. 285, n° 2), a été confirmé par Pascal IT en 1102 (JAFFÉ, 5900).
191. Il n'y a même probablement pas eu dessein de falsifier. Un copiste du début du XII siècle aura sans doute voulu réunir sur un même parchemin les trois actes de franchise de l’abbaye en ajoutant au bas les souscriptions du dernier : il est à noter que les souscriptions de la pancarte conviendraient parfaitement à une charte de Geoffroi de Montbray antérieure à 1083 ; d'autre part, tandis que le copiste, passant d'un acte à un autre, marque le changement par l'emploi du signe habituel précédant un nouveau capitulum, il ne fait pas de transition entre le troisième acte et les clauses finales.