COHÉRENCE DU TERRITOIRE PRIVILÉGIÉ
— qu'on ne peut d’ailleurs dater qu'à vingt années près
(vers 1077-1096) *, — et examinons-là au point de vue du territoire. Notons — et ceci justifiera la confiance que nous avons dans ce texte — qu'elle n’ajoute rien au ter-
ritoire de la première recension : en effet, les églises qu'elle cite se répartissent ainsi (première recension =Î) :
1° celle de Cheux (déjà privilégiée dans D) ;
le)
>° celles de Saint-Nicolas de Caen et Saint-Ouen de Villers, indiquées à la fin de I (et construites peu avant sur des domaines privilégiés) *#;
3° celles de Notre-Dame et Saint-Martin d'Allemagne, des Ifs, de Cabourg, la chapelle de Bavent, construites depuis I sur des domaines qui y étaient déclarés privilégiés ; |
4° celle de Saint-Samson d’Aunay donnée aux moines, sans doute peu avant 1082, par un laïque qui la possédait déjà affranchie des coutumes épiscopales **.
Une telle liste compose un territoire beaucoup plus cohérent * et désormais fixé, à quelques additions près, pour plusieurs siècles *. Si nous nous sommes tant attardé sur lui, au risque d’entrêr dans de minutieuses descriptions, c'est parce qu'il n’y a pas de meilleur exemple pour prouver que le territoire privilégié, quelque dispersé qu'il fût parfois à l’origine, en arrivait tou-
122. C'est-à-dire entre la première recension et le départ d'Eudes de Conteville pour la Croisade, plus probablement dans les dix dernières années de cette période, après la libération de captivité d'Eudes de Conteville (1087).