‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 198 sur 342 · PRIVILÈGE DE LA TRINITÉ DE CAEN · texte numérisé non relu

PRIVILÈGE DE LA TRINITÉ DE CAEN

Ame, vont nous permettre d'étendre encore la portée de celte observation.

Il s’agit tout d'abord d'un texte relatif à l’abbaye de la Trinité de Caen. Guillaume le Conquérant, dans un diplôme octroyé le jour de la dédicace de l’église abbatiale (16 juin 1066), avait promis qu'une franchise pécuniaire lui serait accordée ‘*’; Eudes de Conteville réalisa en 1082 °° la promesse de son frère, et affranchit l’église abbatiale et l’église Saint-Gilles de toutes les redevances épiscopales (ab omni exaclione pecuniae episcopalium reddituum), parmi lesquelles l’amende des forfaits com-

mis dans |’ « aire » de ces deux églises (monastère et

Bourg-l’Abbesse) *”. Vers la même époque, il usa d’une

130. G. Ch., XI, instr., 61 (Davis, Regesta, 4) : « Promissum est hance ecclesiam fore liberam, tam in clero quam in abbalissa el in sanctimonialibus, et ejusdem ecclesiae cibo sustlentatis famulis, ab omni pecuniae debilo, hoc excepto quod divinae subjacet correpliont. »

131. C'est du moins dans un diplôme ducal de cette année-là (G. Ch., XI, instr., 68-52; Davis, Regesla, 150) que la concession fut insérée (texte note suiv.).

132. G. Ch., XI, instr., 51 : « Ad haec Bajocensis Odo episcopus, interveniente gratia et dilectione nostra praedicta, sanctae Trinilatis ecclesiam cum atrio, abbatissam cum sanctimonialibus, omnem clerum in eodem loco servientem, universam familiam ejusdem ecclesiae cibo suslentatam, ab omni exactione pecuniae episcopalium reddiluum liberam esse concedit. Sed et ecclesiam B. Aegidii, cum atrio ipsius, quo modo supradictam, liberam el quielam, et clericos ibidem servientes, eo modo quo supra liberos permisil. Praelerea in ea parle burgi (extra murum videlicel Cadomi siti, versus ecclesiam S. Trinitatis, quam ego Vuillelmus Rex praedictae ecclesiae dedi) illius partis Burgi parrochiam ad Ecclesiam S. Aegidii venire oblationem, decimam de pecoribus, cum sepullura, clericos ibi servientes, quiete permiltit .habere. Sed et gablum et consuetudinem culcitrarum, quod in eadem parte Burgi habebat, ecclesiae S. Trinilati describil. Super ea quicumque in his duabus ecclesiis et atriis earum forisfacturam fecerit, emendationem pecuniae quae ab episcopali consuetudine pro forisfactura exigi solel, ejusdem abbaltissae, episcopo eodem annuente, donabit. » (Voir la carte du Bourg-l’Abbesse dans LEGRAS, op. cil., planche). — Ce texte est aussi intéressant à un autre point de vue : il précise que le monastère est compris dans le territoire privilégié ; que l’abbesse percevra l’amende des forfaits qui y seront commis; que l’abbesse, les religieuses, les clercs desservant l'église abbatiale et la familia du monastère bénéficient de la franchise. I1 ne faudrait naturellement pas en induire que le monastère soit exempt : il n'est question dans le texte ni de libre élection de l’abbesse ni d’une restriction quelconque au pouvoir

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