‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 199 sur 342 · PRIVILÈGE DU BEC · texte numérisé non relu

PRIVILÈGE DU BEC

formule analogue lorsqu'à la suite d'un conflit avec Îles moines de Saint-Ouen de Rouen au sujet du statut de l’église de Rots, que ceux-ci possédaient dans son diocèse, il la déclara affranchie « a debiti pontificalis solutione CE Entre 1091 et 1093, Guillaume Bonne-âme, sollicité par le célèbre abbé Anselme, décidait que l’église du Bec, ainsi que la paroisse dépendante, serait désormais libre « de toute exaction épiscopale *** ». De tous ces textes, le mot « coutume » est systématiquement écarté **.

d'ordre ou au pouvoir coercitif de l'évêque, et ce régime initial de soumission a subsisté sans éclipse au cours des siècles suivants : 5) un accord de r18o règle la juridiction et ne souffle mot d’un privilège quelconque d’exemption (Bibl. Nat., ms. n. à. fr 220-227, fo sr) ; 2) les bulles pontificales, nombreuses au fonds de la Trinité, ne renferment aucune formule d’exemption; 3) nous possédons un curieux cérémonial d'élection des abbesses de la Trinité, du XVe siècle (British museum, mS$. Harl. 3661) : les événements relatifs à l'élection et à la bénédiction de l’abbesse Agnès de Thieuville, en 1482, y sont racontés tout au long, et nous voyons l’évêque de Bayeux confirmer son élection (f°5 18-23), la faire mettre en possession par son official (f°5 23-24) et la faire bénir par un évêque in parlibus ({° 29) ; et si, au XVII siècle, les religieuses ont prétendu être exemptes en jouant sur le sens du mot exemption (le territoire de leur juridiction s'appelait « exemption »), il ne fut point difficile à l'évêque François de Nesmond, qu'elles avaient voulu empêcher de faire sa visite en 1695, de prouver le mal fondé de leurs prétentions (Bibl. Naï., n. a. fr. 20.221, f°S 306 ss.) : dans son mémoire, l'évêque écrit, désignant l’abbesse : « Il faut qu'elle considère l’abbaye de Montivilliers... et plusieurs autres, qui reconnaissent la juridiction des evesques » (Bibl. Nat., n. a. fr. 20.221, fo 355) : formule qui définit fort bien la situation des abbayes ayant la juridiction sans l’exemption (supra, p- 96).

133. MagizroN, Ann. O.S.B:, VN1p.),n° XXXVI, éd. 1740, p. 615 (l'original d'après lequel Mabillon a fait son édition est conservé Arch. S.I., 14 H 160). L'acte est antérieur à 1092, puisqu'il fait allusion à l'abbé Nicolas qui mourut celle année-là, mais sans doute de peu (MABILLON, Ann. OS, V, LXVIL #56 éd ro, p. 276). Dom POMMERAYE (Histoire de l'abbaye. de Saint-Ouen, p- 28) s’est trompé en datant le texte de 1098 : c'est doublement impossible, puisqu'en 1098 Eudes de Conteville et Nicolas étaient morts tous les deux.

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