‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 227 sur 342 · L'ANONYME D'YORK ET L'EXEMPTION DE FÉCAMP · texte numérisé non relu

L'ANONYME D'YORK ET L'EXEMPTION DE FÉCAMP

ques du XIV° siècle contre la papauté ?, retourna aux moines leurs propres arguments. « L'autorité des Pères, dit-il, bien plus, Dieu lui-même, a ordonné que l’église de Rouen fût la tête et la mère de l’église de Fécamp, et que celle-ci fût son membre et sa fille. D'ailleurs, cette ordonnance est sainte et salutaire, car l’église de Rouen a reçu la première la parole de Dieu; la première, elle a cru; unie la première à l’époux céleste, elle a même porté en son sein l’église de Fécamp jusqu’à ce que le Christ se fût formé en elle; elle lui a donné le Saint-Esprit criant en son cœur : « Abba pater. » Tout ce que l’église de Fécamp a de « chrétienté », tout ce qu'elle a de grâce céleste, tout ce qu'elle a de « sacrements » spirituels, c'est l’église de Rouen qui le lui a tout entier donné. » En échange de ces bienfaits, poursuit-il, elle n’en reçoit que du mal, « car celle-ci se soulève contre elle d’un esprit enflé d'orgueil...; elle nie qu'elle soit fille de sa mère...,se juge son égale..…., résiste à l'ordonnance divine et ne redoute pas la sentence de l’Apôtre disant : « Que toute âme soit soumise aux puissances supérieures! Il n’y a de puissance que venant de Dieu ! 7 »

Somme toute, l’Anonyme d’York fondait son argu- mentation sur l’antériorité de l’église de Rouen par rapport à celle de Fécamp”. De même, peu d'années plus tôt, il avait attaqué la primauté romaine en déclarant,

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