JURIDICTION DÉCANALE DU PRIEUR DE BELLÊME
l’évêque de Sées de distinguer les privilèges de l’une et de l’autre, de spécifier que, si l’église Saint-Léonard élail affranchie « ab omni episcopali, vel clericali sive laicali consuetudine », celle de Saint-Martin devait la redevance d’encens et de poivre l!?.
Sur la paroisse de Saint-Martin, le « prieur de Saint- Léonard et de Saint-Martin » '! exerçait la justice spirituelle à propos de laquelle il fut en conflit, entre 1092 et 1123, avec le doyen de Bellême. Le prieur s'était saisi d'une affaire d'adultère qu'il prétendait juger « comme 1? ». Le doyen de Bellême s'était plaint à l'évêque de Sées, Serlon, qui avait fait comparaître le prieur. Celui-ci soutint qu'il possédait sur le cimelière et dans le ressort (villa) de Saint-Martin-du-Vieux- Bellême « le droit de doyenné, la justice du sang, la violation de cimetière et toute la justice épiscopale » moyennant le cens annuel d’une livre d’'encens et d’une livre de poivre. Il ajouta, « par respect pour l’évêque », qu'il attendrait le dimanche suivant pour juger l’adultère afin que le prélat, s’il l’estimait bon, pût lui envoyer son représentant avec lequel il rendrait sa sentence ; sinon il jugerait seul. À peu de jours de là, avant le dimanche, l'évêque fit dire au prieur qu'il n’enverrait personne; le prieur jugea et condamna la femme adultère à lui donner, sur son avoir, un bœuf et une vache avec sa gé-
un doyen, ut decanus
nisse °°.
Marmoutier) misit domnus abbas Bernardus (de Marmoutier) de eodem capitulo, sancto Leonardo donum de ecclesia sancti Martini Veleris Belismi, quod donum posuit Willelmus monachus de Vivonio super altare sancti Leonardi, jussu Bernardi abbalis » (Prou, Recueil, n° CXX VIII, p. 325).