‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 248 sur 342 · FAUSSES BULLES FABRIQUÉES A SAINT-OUEN DE ROUEN · texte numérisé non relu

FAUSSES BULLES FABRIQUÉES A SAINT-OUEN DE ROUEN

frappe l'esprit : les moines, ayant à prouver leur propriété de l’église, invoquent la prescription et ne produisent point de titres. Ce n’est pourtant pas qu'ils en manquent, et le texte prend d’ailleurs bien soin de dire qu'ils ont affirmé, lors du débat, pouvoir démontrer, s’il était besoin, la légitimité de leur acquisition et le rattachement initial de leur église au Saint-Siège, faisant ainsi allusion aux diplômes de 1092 et à la charte fausse de Guillaume de Bellême ‘*. Mais ils ne les ont pas versés au dossier. Comment expliquer cette omission sinon par le fait qu'ils n'avaient point de bulle dans leurs archives, et que, lorsqu'il s'était agi pour eux, à la fin du XI° siècle, de forger un titre de soumission directe à Rome, ils avaient fabriqué une fausse charte et non pas une fausse bulle *** ?

Vers 1130, ce sont quatre fausses bulles qui sortirent du scriptorium des moines de Saint-Ouen. L'origine du litige qui mit aux prises leur abbé, Raïinfroi, avec l'archevêque Hugues d'Amiens et à propos duquel ces falsifications furent faites, nous est inconnue; mais nous savons, par la charte du prélat qui le termina, qu'il porta sur la prétention des religieux à être exempts et directement rattachés à Rome, et que ceux-ci invoquèrent des lettres apostoliques « in quibus continebatur ecclesiam sancti Audoeni esse Romane ecclesie specialis filia nec alicui deberet obedientiam nisi Romane ecclesie ** ». Ces lettres n’embarrassèrent d’ailleurs pas beaucoup l’archevêque, qui n'hésita pas à les taxer de fausses (ea esse

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