‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 276 sur 342 · EXAMEN DE LA PANCARTE DE GUILLAUME LE CONQUÉRANT · texte numérisé non relu

EXAMEN DE LA PANCARTE DE GUILLAUME LE CONQUÉRANT

Encore faut-il examiner comment : la pancarte de Guillaume, qui, répétons-le, groupe la charte de 1035 interpolée et le résumé de vingt-quatre chartes-notices postérieures, puis déclare confirmer l’ensemble, est-elle vraiment un acte faux ? Ou bien est-elle seulement un acte subreptice (le texte interpolé ayant été présenté à Guillaume comme authentique et bel et bien confirmé par lui) ? On doit, pour en décider, étudier les différentes parties de la pancarte.

Un premier point : quelle est sa date présumée ? Ainsi que beaucoup d'actes du même genre émanés de la chancellerie du Conquérant, celui-ci n’est pas daté. Mais les nombreuses souscriptions de témoins le situent très exactement entre 1068 et 1076 *. Ces souscriptions concordent entre elles voilà un premier indice qu'il faut retenir et souligner en faveur de l'authenticité de la confirmation ducale.

En voici un autre qui ressort de l’examen des notices. Les bienfaiteurs cités sont, dans la mesure où nous les connaissons par ailleurs (ce qui n’est pas vrai pour la totalité d’entre eux, mais pour un bon nombre) 'f, des personnages ayant fort bien pu accorder les libéralités prétendues entre 1035 et 1068-1076. De plus, cette partie de la pancarte où leurs donations sont résumées offre tous les caractères diplomatiques d’autres pancartes analogues de Guillaume ?7, et l’on n’y saurait relever aucune de ces invraisemblances historiques, qui sont l'argument suprême des condamnateurs d'actes.

Voyons, au même point de vue, les interpolations de la seconde recension de la charte de Robert le Magnifique : si elles ont été insérées après 1068-1076, la pancarte est fausse ; si elles l’ont été entre 1035 et 1068-1076, rien n'empêche qu'elle ne soit seulement un acte subreptice.

Page 1