Passage sur les privilèges, supra, p. 59, n
30. L. Denise, dans Hist. litt., XXXII, 1898, p. 206. Cf. Moxr- NIER, 1186.
31. H. Fr., XI, 363. Cf. LaBré, Bibl. nova, 1, 326 (Mine, CXLVII, So).
3». H. Fr., XI, 363-364.
Le
l'archevêque, mais par l’évêque Hugues d’Avranches, et que c'est le duc Robert le Magnifique lui-même qui fit écarter l'archevêque *; qu'à cinq reprises différentes, entre 1049 et 1071, des évêques étrangers sont venus à Fécamp, sur la demande de l'abbé, pour ordonner des moines ou consacrer des églises °*.
Ce véritable mémoire justificatif des prétentions de l’abbaye fut composé peu d'années après 1079. En effet, le dernier épisode rapporté commence ainsi : « Moderno tempore, id est in diebus Johannis archiepiscopi, anté scilicet quam infirmaretur. » Or, l'archevêque Jean d’Avranches tomba paralysé en 1077%* et mourut en 1079. Il était évidemment mort lorsque la phrase fut écrite, mais depuis un nombre d'années assez restreint, sinon l'expression « moderno tempore » ne se comprendrait pas.
Ceci nous conduit aux environs de 1090. L’ « Appendice de Saint-Gabriel » fut donc certainement rédigé à l’occasion du procès de 1090-1094. Est-ce à dire que les événements qu'il relate soient suspects ? Nous ne le pensons pas. Nous l’avons déjà fait observer : tous les renseignements contrôlables du texte se vérifient exacts à l’examen *‘; d’autre part, certains personnages mis en cause — Eudes de Conteville notamment — vivaient encore lorsqu'il fut rédigé, et il serait peu probable que l’auteur eût risqué, en mêlant des erreurs au récit, d’être démenti par eux. C’est une source de premier ordre pour l’histoire des privilèges de l’abbaye de Fécamp au XI° siècle.