‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 299 sur 342 · FAUX DE L'ABBAYE D EVESHAM · texte numérisé non relu

FAUX DE L'ABBAYE D EVESHAM

l'exemption la plus large. Ils ont été souvent critiqués*, principalement les privilèges de Constantin .

Sans vouloir reprendre la critique complète de tous ces apocryphes, nous ferons observer que trois d’entre eux paraissent avoir été faits tout spécialement pour servir de titres au privilège de juridiction : ce sont la charte de Kenred et d’Offa, la charte d’Egwin et celle d’Ethelbald. C’est ainsi qu'Egwin est censé dire : « Volo igitur ostendere omni sequenti generalioni quas possessionés supradicto loco acquisivi, et ipsas terras ab omni exactione potestatum omnium acquietavi, ipsamque adquietationem apostolicis auctoritatibus et privilegiis, necnon et regalibus edictis confirmari feci »; un peu plus loin : « Haec vero sunt nomina villarum quas, ut supradictum ést, acquisivi : Eovesham, Benyagurth, Hautun, Baddesey. Haburne, Bradfortun... Mortun... Tittlestrompe... Has omnes terras, ut prefatus sum, liberas ab omni calumnia acquisivi et sanctae Dei ecclesiae obtuli. » Or ces domaines correspondent à huit paroisses sur douze de la juridiction Evesham, Bengeworth, Hampton, Badsey, Church Honeybourne, Bretforton, Norton, Littleton *.

On peut faire la même observation pour la charte de Kenred et d’Offa, où la concordance est encore plus grande, puisque, sur quatorze domaines cités, onze correspondent à des paroisses de la juridiction : Lenchwick, Norton, Offenham, Littleton, Aldington, Badsey, Bretforton, Honeybourne, Bengeworth, Hampton, et, plus loin, Norton : « Volumus insupér ac decernimus... terram quinque cassatorum quae Mortona nuncupatur, eadem libertate in perpetuum gaudere”°. »

De même, le diplôme d’Ethelbald cite les domaines de Hampton et de Lenchwick.

Toutes ces mentions, outre qu'elles témoignent du dessein bien arrêté des faussaires de rattacher aux temps héroïques du saint fondateur la possession des domaines privilégiés, per-

5. Hanna et Sruggs, III, 259-281; SPAETHEN, dans Neues Archiv, XXXI, 1906, pp. 629-649: Victoria history, ibid., p. 112; Poore, Lectures of the history of the papal chancery, pp. 147-149; récemment Dom Kwowres, op. cil., Downs. Rev., 1932, p. 396.

6. Surtout le second privilège de ce pape, démontré faux par HappaAN et STUBBS (p. 279, n. a). SPAETHEN voulait qu'il eût été fabriqué au XII siècle, Poor au X° ou au XI°, mais, comme le remarque très justement Knowres, il l'était certainement au plus tard au XI°, puisque Horrzmanx (Papsturk. in England, p. 112) en a découvert une copie de ce siècle.

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