LAUGHLIN, 0D. cil., pp
l SAINT COLOMBAN
cessivement Annegray, Luxeuil et Fontaine. Venu pour réformer les abus de l’Église franque, il s'attaque à l’épiscopat ; apôtre, il recrute des disciples, et Brunehaut, inquiète, le fait éloigner en Neustrie. C’est le début de longues pérégrinations en Gaule, où la propagande continue. Enfin, Colomban passe les Alpes, fonde le monastère de Bobbio (612) et y meurt (615) ”*.
Il avait jeté la semence; le résultat fut l'essor du monachisme gaulois au VII siècle. Si important soit-il, ce n'est pas cet aspect-là de son œuvre qu'il nous faut considérer. Moine celte, il avait suivi les usages celtiques et ne s'était pas soucié de l’autorité diocésaine ; « on ne voit pas qu'il se soit mis en rapport avec l’évêché de Besançon, dans le ressort duquel étaient ses monastères » ‘; et c'est par un prélat irlandais. Aidus, qu'il fit consacrer l'autel de Luxeuil *. En donnant ainsi l’exemple d’une indépendance totale vis-à-vis du diocésain, il n’a pas peu contribué à la renaissance des libertés monastiques, qui est l’un des faits capitaux de l’histoire religieuse de la Gaule au VII° siècle.
Son influence n’est d’ailleurs pas la seule qui se soit fait sentir. À l’époque même des premières fondations colombaniennes, Grégoire le Grand accordait en Gaule plusieurs privilèges dont bénéficièrent successivement Saint-Trophime d'Arles (599) ** et les monastères fondés à Autun par Brunehaut et Thierry II (602) . Ce dernier
12. Mer Ducnesne, L'Église au VI® siècle, pp. 541-555; LAUGHuN, op. cil., p.13; Haucx, Kirchengeschichte Deutschlands, 1, pp. 261- 267 et 600-6or; voir aussi l'introduction de B. Kruson à l'édition de la Vie de saint Colomban, M.G.H., Script. rer. mer., IV, pp. 1- 13. Sur les rapports de Brunehaut et de Colomban, cf. G. KuRTH, Études franques, 1 (1919), pp. 330-334.