‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 303 sur 342 · PRIVILÈGES DE L'ABBAYE DE BATTLE · texte numérisé non relu

PRIVILÈGES DE L'ABBAYE DE BATTLE

nam, leugam circumjacentem, liberam in perpetuum ab... omnibus placitis…. et latrocinio ét omni consuetudine terrenae Servilulis et ab omni exactione et subjectione episcoporum Cicestriae et quarumlibet personarum dominatione; ita ut nullius, praéter abbatis et monachorum ejus, ditioni subjaceat, nec in ipsa vel in aliqua ejusdem ecclesiae possessione quisquam placitari, aut venari vel quodlibet negotium exercére sine permissione praesumat, super forisfacturam regiam; nec eliam, si casu quicquam captum fuerit, efferatur, sed ecclesiae sit. »

Voilà définis, avec détails, on le voit, les privilèges de Guillaume. Ces formules représentent évidemment le maximum de ce qu'a pu accorder le roi. Or, il n’y est question d'aucune exemption du pouvoir d'ordre, ni de l’interdit de l’évêque, ni de l'obligation synodale : c’est plus tard qu'on les trouve.

Le chroniqueur, en effet, raconte un peu plus loin que l'abbé Raoul (1107-1125) 7 eut, pendant son abbatiat, une difficulté avec l’évêque de Chichester au sujet d’une chapelle récemment construite sur le territoire de la leuga entourant l'abbaye. Le prélat reconnaît à cette chapelle les mêmes privilèges qu'à l’église paroissiale : elle sera « libera et quieta... de omnibus consuetudinibus et forisfacturis episcopalibus et de denartis oléi et synodi »; le prêtre desservant assistera au synode de l’évêque, mais sans payer de taxe et sans en être justiciable en cas de faute. Quant à l’abbé, il ne sera pas contraint d'aller au synode : pour la première fois, la question de l’obligation synodale est venue sur le tapis*.

Elle y revient en 1125, et est l’objet d’un léger différend entre le nouvel abbé, Gautier, et le diocésain ?, mais c’est en 1148 qu'un conflit véritable, et qui allait durer dix ans, éclata sur ce point. L'évêque attaque, l’abbé riposte, en disant quoi ? Que Guillaume le Conquérant a rendu l’église « ita liberam et quietam ab omni exactioné terrenae servitutis et ab omni subjectione et oppressione atque dominatione episcoporum sicut est ecclesia Christi Cantuariae », et que Lanfranc et l’évêque Stigand ont souscrit son diplôme”. L'évêque insiste, menace l’abbé d'interdit et d’anathème s’il n’assiste pas au synode suivant. Malgré ces menaces, l'abbé s’abstient, va trouver le roi Élienne, fait valoir que Battle jouit du privi-

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