PRIVILÈGES DE L'ABBAYE DE BATTLE
lège de « chapelle royale » (sicut dominicam regis capellam) ; on lit les diplômes royaux où il est question de liberté « ab omni subjectione et exactione Cicestrensis episcopi » et de rien d’autre : nous sommes en 1148 où 1149".
L'affaire rebondit en 1154 : nouveau procès; le lendemain du couronnement de Henri II (20 décembre 1154), après la messe, l'abbé présente ses anciennes chartes et en sollicite une nouvelle, confirmative; on lit les anciennes, et quand on arrive au passage : « quod ecclesia scilicet de Bello libera sit omnino ab omni subjectione episcoporum sicut ecclesia Christi Cantuariae », une clameur emplit la salle : ce sont les gens de l'évêque qui protestent contre une telle formule, contraire aux canons, disent-ils; le roi surseoit à donner son diplôme ?. Nouvelles péripéties ; l’évêque a cherché et trouvé appui auprès du pape, mais c’est finalement Henri IT qui juge, en 1157. Au procès, l’évêque réclame : 1° la comparence au synode; 2° le droit de gîte et de visite; 3° la profession d’obédience *: l'abbé présente aussitôt un diplôme de Guillaume où la dispense synodale est accordée tout au long : «neque ad synodum abbas sammoneatur »;l'évèque s'étonne : il ne connaît pas cette charte : « His perlectis, episcopus se cartam illam nunquam vidisse vel audisse affirmabat *. » Le roi, finalement, juge en faveur de l’abbé.
A la lumière de ces faits, examinons les textes diplomatitiques. Nous pouvons d’abord en condamner deux :
1) Davis, 262 : pseudo-dipl. de Guillaume (ro70-1087). Ce texte accorde l'exemption du droit de gîte et de visite et la liberté synodale (« ad synodum vero abbas ire non summoneatur »): il interdit à l’évêque de procéder aux ordinations dans le monastère et donne aux moines le libre choix du prélat consécrateur : tout ceci est exprimé dans des termes qui rappellent les bulles du XIT° siècle. Ce texte est certainement celui qui a été présenté en 1197; il a été fabriqué entre 1154 et 1157; Dom Knowles et M. Stenton (n° III) doutent de son authenticité sans se prononcer tout à fait; quant à nous, nous l’estimons faux.
>) Pseudo-lettre de l'évêque Stigand, accordant à l’abbaye l'exemption de l'interdit et du droit de gîte et la liberté synodale’$. Dom Knowles doute de son authenticité; nous la
NL MLIOLAS ADD 70270