ORIGINE DU PRIVILÈGE DE PENTAL
Il faut chercher plus haut. Peut-on fixer l’origine du privilège à la période comprise entre 640 et 850? Plusieurs motifs s'y opposent qui, tous, gravitent autour de la même idée : le rattachement à l’église doloise d’un territoire de la basse Seine, avec libération totale de la juridiction du diocésain, constitue un privilège exorbitant ; il ne peut apparaître qu'à un moment où l’influence bretonne, dans cette région, a été au moins tolérée; or, elle a été combattue pendant ces deux siècles.
Éliminons d’abord la période 750-850. On était en pleine réforme carolingienne, dont nous avons déjà noté les tendances *; la réaction anti-bretonne fut si violente que les Francs, en 753, entreprirent une longue guerre contre la Bretagne qu'ils finirent par conquérir (799) **. On a même prétendu, sans preuve, que « le premier effet des hostilités... fut nécessairement de chasser les Bretons de leur monastère de la basse Seine ** ». C’est invraisemblable, puisqu'ils y étaient encore en 850. Du moins n'est-ce pas l’époque où ils auraient acquis leur privilège.
De 640 à 750, on pourrait penser que les circonstances s'y prêtaient : l’on sait à quel point les privilèges monastiques se sont développés en Gaule **; mais le diocèse de Rouen fait précisément exception, à cause de l'attitude de l’évêque saint Ouen.
Nul ne fut plus favorable que saint Ouen à la création de monastères; nul ne fut plus opposé à leurs privilèges. Béni, lorsqu'il était tout enfant, par saint Colomban en exode que ses parents avaient recueilli*", saint Ouen, après avoir mené une vie brillante à la cour de Clotaire IT
mandie et consacre, en 1129, les églises de Saint-Samson-sur-Risle et du Marais-Vernier (texte cité PoRÉE, ibid., p. 190, n. 4).