VACGANDARD, pp
33. La fondation de Fécamp nous est racontée par quatre textes : 1° la Vila (B) Audoini, III, 25-27 (AASS., août, IV, 815-816), écrite au début du IX siècle (LevisoN, M. G.H., script. rer. mer., V, p. 548); 2° la Vita (B) Wandregiseli, 16-17 (AASS., juillet, V, 276- 277) écrite au milieu du IX° siècle (KruscH, Scripl. rer. mer., p- 8); 3° La Chronique du ms. 528, 1-2 (AASS. O.S.B., saec. IL 974), écrite au XI° siècle (cf. infra, p. 255); 4° la Vie de ‘saint Vaninge (XI° siècle), 1-6, ibid., 972-973. Ces quatre textes nous disent que le comte Vaninge, voulant établir un monastère à Fécamp, s’adressa à saint Wandrille, qui y fit venir une abbesse du Bordelais, Hildemarque, avec quelques religieuses (cf. VACANDARD, op. cit., pp. 206-208). A leur récit se mêlent des traits légendaires qui, joints au fait que ces textes sont d'époque tardive, rendraient sceptique sur leur véracité s'ils n'étaient corroborés par quatre autres textes dignes de foi : 1° La Passio I® Leudegarii, écrite à la fin du VIII siècle (Kruscn, Script. rer. mer., V, 256), raconte que saint Léger, pourchassé par Ebroïn, qui lui avait fait crever les yeux et couper la langue, fut recueilli par le comte Vaninge, qui « le fit hospitaliser dans un monastère de vierges qu'il avait naguère fondé », où saint Léger resta deux ans (Passio 1%, 3r-3», ibid., p. 313) : c’est très certainement Fécamp; 2° d'ailleurs, la Passio II® Leudegarii, 15 (pp. 336-338), écrite à la même époque (KRUSCH, pp. 257-258), raconte le même fait et ajoute le nom du monastère (Fiscamnum) et de l’abbesse (Childemarca), et, quelques raisons que l’on ait de se méfier généralement des additions de la Passio II*, celles-ci sont recevables, y compris le nom d'Hildemarque, que l’auteur de la Passio Il, Ursin, moine de Saint- Maixent, était bien placé pour connaître; 3° au surplus, le martyrologe hiéronymien contient la mention : « In NO monasthirio Childomarce abbatisse » (AASS., nov., IT, 1, p. 8o) et le ms. qui la rapporte (codex Weissenburgensis), rédigé. en 772, provient du monastère de Fontenelle (ibid, p. xvn); 4° de Fécamp, saint Léger écrivit une lettre à sa mère Sigrada (M. G.H., Epist. Mer. et Kar., 1, 464), et cette lettre est d'environ 675 (ibid... Aucune de ces sources ne permet de dater exactement la fondation de Fécamp, qui dut être antérieure de pas mal d'années à la venue de saint Léger (condam, dit la Passio [*, p. 313), et qu'on peut approximativement siluer aux environs de 660.