SAINT OUEN ET LES PRIVILÈGES MONASTIQUES
villiers (vers 684) *, telles sont les principales abbayes créées, sous son impulsion, par les deux illustres abbés saint Wandrille et saint Philibert. À aucune d'elles, saint Ouen n'accorda le moindre privilège; il les mainünt toujours étroitement sous son autorité, visitant fréquemment Fontenelle”, et, lors de sa brouille avec saint Philibert, écartant celui-ci de son monastère de Jumièges et imposant aux moines, à deux reprises, un abbé pour le remplacer *.
Saint Ouen, qui refusait la plus petite autonomie à des abbayes de son diocèse, gouvernées par des abbés qu'il avait lui-même appelés, aurait-il accordé à Pental, peuplé de moines bretons, l’exemption totale? C’est invraisemblable. Un texte va d’ailleurs nous montrer qu'il essaya, sans succès, d'y reconquérir son autorité.
La Vie de saint Germer ” raconte que saint Ouen, qui
So Vita Eiliberti, 31 (MG H"scripl rer mer; NV, p: 6o0);-cf. VAGANDARD, P. 210.
36. Le fait a été souvent remarqué (Dom Goucaupr, Les Chrélientés celtiques, p. 222; Haucx, op. cil., t. I, p. 312; HeLEN RoBins BiTTERMANN, art. cité, pp. 236 et 245). Sur l’autorité qu'avait saint Ouen sur Philibert et Wandrille, qu'il réunissait fréquemment, cl. VACANDARD, OP. cil., p. 188.