RICHARD I° ET SAINT MAYEUL
difier à l'emplacement de l’ancienne abbaye de Fécamp “* et qu'il fit consacrer en grande pompe le 15 juin 990”. Située tout à côté du palais qui était devenu, dès le temps de Guillaume Longue-Épée, le séjour préféré des ducs, elle devait, dans sa pensée, devenir l’un des principaux centres religieux de Normandie. Il en fit provisoirement une collégiale de douze chanoines, mais ce n’était qu’une pierre d'attente et il visait beaucoup plus haut. Il demanda à saint Mayeul, le célèbre abbé de Cluny, d'établir à Fécamp des moines de son obédience. Une transformation de collégiale en monastère était d’ailleurs tout à fait dans les tendances de l’époque! et ce ne fut
14. Dupon, éd. LaiR, p. 291; cf. VaLzLery-RapoT, L'église de la Trinité de Fécamp (Peliles monographies...), pp. 9-10.
15. Chronique du ms. 528, 9 (texte, infra, p. 52, n. 30; sur cette chronique, cf. infra, p. 255). Le Chronicon sancti Stephani Cadomensis donne g8o (éd. Ducxesne, Normanniae Scriptores, p. 1017; éd. Gixes, p. 165) et Sackur (op. cit., Il, p. 44) a proposé cette date, mais il faut, avec PRENTOUT (op. cit., p. 405), adopter 990, quoique Hasxins ne se soit pas prononcé (Norman institutions, p. 252). Les quatorze évêques étaient les sept de la province et sept autres venus des provinces voisines (Liber de Revelatione, 16; Mirewe, CLI, ©: 517, cap. xv).
Il semble, d’après Dupon (ibid., pp. 290-291), qu'avant l’église édifiée par Richard I et consacrée en 990, Guillaume Longue-Épée en avait élevé une première, beaucoup plus petite, au même emplacement ; la Chronique du ms. 528, 6-7 (éd. PonceLET, Annal. Boll., XXIIT, 1904, pp. 252-253, et le Liber de Revelatione, 10 (éd. LanGrors, pp. 25-26, Mrexe, CLI, 913-714), le disent formellement, ajoutant à la relation de ce fait qui paraît vraisemblable des légendes qui ne le sont pas. Il est possible aussi que Guillaume Longue-Épée, restaurant l’église de Fécamp, y ait rétabli des religieuses en souvenir de l’ancien monastère mérovingien ; celles-ci seraient restées jusqu'après la consécration de 990; la tradition, qui le voulait ainsi (cf. Histoire versifiée de l'abbaye..…., v. 88o et 890, éd. LANGroRS, pp. 98-99), trouve un appui dans le diplôme de Richard 1% du 15 juin 990 (« in hoc monasterio », infra, pièce just. n° 1, p. 292) ; on ajoulait même que les religieuses, parties de Fécamp peu après 990, avaient été transférées à Montivilliers (?) (FacLue, Histoire de l’abbaye de Fécamp, Rouen, 1841, pp. 79-80).
16. Ainsi saint Mayeul, à la demande d'Eudes I de Blois, avait remplacé à Marmoulier, entre 98o et 985, les chanoines par des moines clunisiens (MarTÈNE, Histoire. de Marmoutier, I, pp. 200- 208, « environ l'an 982 »; P. Levèque, Trois actes faux ou interpolés en faveur de l'abbaye de Marmoutier.…, B.E.C., LXIV, 1903, pp. 75-78). C'est d’ailleurs ce qui s'était produit au Mont-Saint- Michel, en 966, lors de l’arrivée de Mainard (G. Ch., XI, c. 513), et en Angleterre, lors de la réforme de Dunstan, notamment à