RICHARD II EN BOURGOGNE
valait pas mieux que beaucoup de prélats de son temps, et les chroniqueurs qui en ont parlé l’ont dépeint sous d'assez tristes couleurs *. Mais, pour que Fécamp obtint l’exemption, le concours ducal était nécessaire.
Une circonstance servit les desseins de Guillaume. En 1003 s'ouvrait la guerre de succession de Bourgogne. Richard IT partit en campagne avec Robert le Pieux, dont il fut même le meilleur auxiliaire. À deux reprises, en 1003 et en 1005, il est avec lui sous les murs d'Auxerre *. Il se trouve ainsi transporté en plein cœur du pays où Cluny propage son influence et développe l’exemption, inscrite à son programme depuis quelques années *7. Il se lie d'amilié avec le roi, favorable à l’exemption ** peut-être même était-il présent le jour où Robert le Pieux accorda au monastère de Saint-Germain d'Auxerre un diplôme qui le libérait « de toute domination épisco-
pale * ».
25. « .… Carnis fragilitate superaltus, quamplures filios procreavit » (Historia archiepiscoporum Rothomagensium; MARTÈNE, Vel. script. coll. nova, Il, pp. 239-240) ; en fait, il eut trois fils, que nomme ORDÉRIC Virar, V, 9 (éd. Le Prévost, IL, 365 ; Robert de Torigni, dans ses additions à Guillaume de Jumièges, ne cite que les deux premiers, éd. Marx, p. 293); en même temps qu'archevêque de Rouen, il était comte d’Évreux. Sur ses vieux jours, il s’amenda et mena une vie plus digne. Voir encore, Gui. DE Mat.- MESBURY, Gesta regum..., Il, 178; éd. Srusss, I, 211, et G. Ch., XI, 26-28. Voir aussi PRENTOUT, Histoire de Guillaume le Conquérant, loc. cit., pp. 55-56.
°6. Prisrer, Études sur le règne de Robert le Pieux, pp. 256- 259; CHAUME, Les origines du duché de Bourgogne, 1, pp. 474-450.