UTILITÉ DE L EXEMPTION
(1025) *. En même temps, il créait des écoles‘ à l’abbaye de Fécamp, qui devenait un centre littéraire“? et musical; et il assurait ainsi la formation des générations futures et la continuité de son œuvre.
Ces écoles s’ouvraient aux moines et aux clercs “. Situées dans le monastère, elles étaient soustraites à la juridiction de l'archevêque ; et, comme l'usage s'était établi, à l'instar de Cluny ”, que l’abbé fit procéder aux ordinations dans son église par un évêque de son choix, ces jeunes moines el ces jeunes clercs pou-
990 (cf. infra, p. 51, n. 27). Il était donc abbé à cette date, bien avant la venue de Guillaume, à l’école duquel il ne faut par conséquent pas le rattacher. Sur l’œuvre de Guillaume en Normandie, cf. SACKüR, 0p. cit., IL, pp. 45-57.
ho. G. Ch., XI, 830. La charte de fondation est sans doute de 1025 (cf. infra, p. 253).
kr. RaouL GLABER, Vita S. Guil., 14, ibid., p. 327 : « Interea cernens vigilantissimus pater quoniam non solum illo in loco (Fécamp), sed etiam per totam provinciam illam necnon per Lotam Galliam, in plebeiis maxime scientiam psallendi ac legendi deficere et annullari clericis, instituit scholas sacri ministeri, quibus pro Dei amore assidui instarent fratres hujus officii docti, ubi siquidem gratis largiretur cunctis doctrinae beneficium ad coenobia sibi commissa confluentibus; nullusque qui ad haec vellet accedere prohiberetur. » BÔHMER (op. cit., p. 9) pense qu'il y avait deux écoles à Fécamp, l’une pour les oblats et l’autre pour les clercs, mais il n'admet pas, à juste titre, l’idée de SACKUR (0p. cit. I; 353) qu'il y aurait eu aussi des écoles populaires.
42. Le successeur de Guillaume de Volpiano, l'abbé Jean (1028- 1059), a composé plusieurs traités et oraisons d’une grande valeur littéraire (Dom WirmarT, L’' « oratio sancti Ambrosii » du missel romain, Rev. Bén., XXXIX, 1927, pp. 317-339; In., Jean de Fécamp. La complainte sur les fins dernières, Rev. d’ascétique et de myslique, IX, 1928, pp. 385-398). La bibliothèque de Fécamp, aux XI° et XIIe siècles, était très riche; deux catalogues anciens en font foi (publ. Deuisre, Notice sur Orderic Vital, au t. V de l’édit. LE PRÉVOST, p. xu-xvi, et BEAUREPAIRE, B.E.C., 1859, pp. 158, r165- 166).
43. Au temps de Guillaume le Conquérant, le chant de Fécamp a élé introduit à Glastonbury (Guiz. ne MazmMesBury, De antiquilate Glastoniensis ecclesiae, M1exE, CLXXIX, 1730); Baudri de Bourgueil, au début du XIT°siècle, loue encore la musique et les orgues de Fécamp {Ann. O.S.B., V, 1713, pp. 504-505).
h4. Cf. le texte de Raour GTABER précité n. 4r.
45. La bulle de Grégoire V (998-999) le prévoit expressément (JArFÉ, 3896).
46. En était-il ainsi au temps de Guillaume de Volpiano, où l’évêque Osmond, ancien évêque de Salisbury, avait pris l’habit à Fécamp ? (Chronique de Saint-Bénigne, p. 157.) Le premier texte que nous avons se réfère à l’année 1049. Voir infra, n. 49.
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vaient faire leurs études et recevoir les ordres sans que l'archevêque y fût mêlé.
Une telle indépendance fut particulièrement bienfaisante au temps du successeur de Robert, Mauger, qui occupa le siège de Rouen de 1037 à 1055. Ce prélat indigne“’, et qui finit par être déposé par Guillaume le Conquérant“, fut systématiquement écarté de Fécamp par l'abbé Jean. Nous connaissons deux séries d’ordinations faites à Fécamp sous son épiscopat, l’une par l’évêque Hugues de Lisieux, l’autre par l'archevêque Robert de Canterbury. À la première, qui eut lieu en 1049, fut ordonné diacre, entre autres, le frère de Guillaume le Bàtard, Eudes de Conteville, qui fut peu après évêque de Bayeux (1050-1097); à la seconde, sans doute en 1052, un futur archidiacre fut élevé à la prêtrise “. Parmi les moi-
43. Historia archiepiscoporum Rothomagensium, MARTÈNE, Vet. script. coll. nova, IT, p. 240 (H. Fr., XI, 7o) : « Rotberto successit Malgerius nepos ejus : filius enim Ricardi fratris sui fuit, qui, quia non electione merili, sed carnali parentum amore et adulatorum suffragio, in puerilia sedem adeptus est pontificalem, omni destilulus tutela, potius adquievit carni et sanguini quam divinis mandatis. Voluplatem enim per omnia sequens (il eut un fils, OrD. Vir., V, 9, éd. Le Prévosr, Il, 365), ornamenta ecclesiae ceteraque beneficia pueriliter erogavit. Et ideo, auctore papa Leone, Willelmus dux Normannorum... assistente prefati papae legato... caelerisque comprovincialibus episcopis, in Lexoviensi ecclesia ab episcopaltu eum destituit. » Of. l'opinion de GUILLAUME DE Por- TIERS, rapportée G. Ch., XI, 28-29. Voir aussi PRENTOUT, Histoire de Guillaume le Conquérant, loc. cil., pp. 76-87.