‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 68 sur 342 · UTILITÉ DE L' EXEMPTION · texte numérisé non relu

UTILITÉ DE L' EXEMPTION

Tel quel, le privilège permit cependant à Guillaume de Volpiano d'accomplir l'œuvre que le duc attendait de lui : il réforma successivement Saint-Ouen de Rouen, Jumièges et le Mont-Saint-Michel*’, et fonda Bernay

conçue : « Data suprascripti privilegii VIII Kal. januarti, indiclione XV, feliciter », doute de son authenticité et entraîne les hésilations de Jaffé. Il ne nous semble pas qu'on ait des raisons suffisantes pour rejeter le document. En effet : 1° sans doute la formule de date, telle quelle, est incorrecte, mais ses éléments chronologiques (limités à quantième, mois et indiction) se retrouvent dans d’autres bulles de Benoît VIII (JArFÉ, 3992, 4016, 4o:7, 4o2x, ho24) ; quant à l’expression Data suprascripti privilegii, qui ne correspond à aucune chancellerie d'aucune époque, elle paraît une abréviation du copiste du cartulaire, qu'on peut traduire « date du privilège écrit ci-dessus ». 2° Si faux il y a, ce n’est pas lors de la conquête, mais vers 1090 qu'il faut en placer la fabrica- Lion : époque d’un procès entre Fécamp et l’archevêque, qui avait prétendu excommunier les moines; or, si ceux-ci avaient forgé le document à ce moment-là, nul doute qu'ils n’eussent fait un privilège adressé à l’abbé, où le duc aurait été au second plan, car ils ont eu alors précisément tendance à se rattacher au Saint- Siège plus étroitement qu'avant (infra, p. 195). Aussi bien, l'interdiction d’excommunier se touve-t-elle dans la bulle de Benoît VIII du 1% décembre 1012 pour Saint-Bénigne de Dijon (JAFFÉ, 3992); elle n’a donc rien d'étonnant dans notre texte qui, par ailleurs, est en parfait accord avec les tendances du pontificat de Benoît VIIT, favorable aux réformateurs (FLICHE, op. cit., 1, 32). Nous croyons donc à son authenticité, qui a d’ailleurs été implicitement admise par SAGkUR (op. cit., Il, pp. 46-47), STEENSTRUP (Normandiets historie under de syv forste hertuger, p.173) et Prenrout (Étude sur le règne de Richard Il.…, p. 93). — Une phrase de l’exposé de la bulle laisse entrevoir que le pape n'a pas accordé à Richard IT tout ce que celui-ci lui avait demandé (« . non sine pudoris verecundia potest esse quod secundum desiderium tuum non explevimus ex toto que mandasti..….; te certum volumus esse quia, si non quod voluimus, explevimus tamen quod valuimus »). Les termes sont trop vagues pour qu'on puisse savoir l’objet du refus : STEENSTRUP (p. 173) et PRENTOUT (op. cit., p. 92) semblent croire que Richard IT demandait l'extension du privilège aux autres abbayes normandes (?) : pure hypothèse. 39. Chronique de Saint-Bénigne, éd. BouGauD, pp. 158-159

« Commisit el alia loca memoralus comes Richardus sepefato abbati Witllelmo, scilicet Gemmeticum, ut jam dixrimus, monasterium sancli Audoeni, Montem sancti Michaelis Archangeli. » La réforme dijonnaise n'a été introduite à Saint-Ouen de Rouen qu'à la mort d'Hildebert (1006). C'est à tort que la G. Ch. (XI, 140) déclare qu'Hildebert à été institué abbé de Saint-Ouen par Guillaume de Volpiano; en effet : 1° nous savons par des témoignages très sûrs que Saint-Ouen à été restauré dès le temps de Richard Ie et qu'Hildebert à été le premier abbé, ce qui reporte à 996 au plus tard le début de son abbatiat (cf. supra, p. 28, n. 8); »° Hildebert a souscrit le diplôme de Richard 1° pour Fécamp, du 15 juin

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