‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 71 sur 342 · I. Les pipLÔMES pe CERISY ET DE MONTIVILLIERS · texte numérisé non relu

I. Les pipLÔMES pe CERISY ET DE MONTIVILLIERS

Le 12 novembre 1032, Robert le Magnifique accordait un diplôme à l’abbaye de Cerisy, qu'il venait de restaurer. [Il y énumérait, comme dans toute charte de fondation, les biens qu'il lui donnait, mais il gratifiait certains d'entre eux d’une faveur particulière : il les déclarait « affranchis de toute coutume ecclésiastique »; c’étaient notamment « le lieu même où est placé le monastère

DIPLÔMES DE CERISY ET DE MONTIVILLIERS a)

avec les églises siluées alentour », et, à Bayeux, « l’église Saint-Georges avec les terres qui lui appartiennent ». L’évêque de Bayeux, dans le diocèse duquel était Cerisy, l'archevêque de Rouen et les autres évêques de la province donnaient expressément leur consentement à la franchise’.

Moins de trois ans plus tard (13 janvier 1035), cette formule nouvelle recevait une application plus éclatante encore. À la veille de partir pour la Terre Sainte, au retour de laquelle il mourut à Nicée le 2 juillet suivant, le duc Robert avait convoqué sa cour à Fécamp. Il annonçÇça aux prélats et aux grands assemblés sa décision de faire le pèlerinage *; en même temps, il octroya, en faveur de l’abbaye de Montivilliers, qu'il rétablissait et dont il confiait le gouvernement à sa tante, Béatrice, un diplôme dont la teneur rappelle l’acte de Cerisy : « Nous déclarons, dit le duc, l’église Notre-Dame, ainsi que les autres églises ci-dessous désignées, délivrée, affranchie et absolument libre de toute coutume épiscopale, et ceci n'est certes pas fait par un abus de notre pouvoir, mais établi et confirmé par l'octroi, la volonté et la concession du seigneur Robert, archevêque de Rouen »; suit l’énumération des douze églises affranchies *.

1. P. ne Fancy, Abbayes de l'évêché de Bayeux, 1, Cerisy, pp. 78- 79 (Cartul. de Jersey, n° 291, p. 372) : « Haec igitur concessi ipsum videlicelt locum ubi posilum est monaslerium qui dicitur Cerisiacus eum ecclesiis, aquis, pratis, molendinis el lerris..… cireumcirca posilis… In Bajocensi autem civitale donavi praefatue ecclesiae. ecclesiam sancli Georgii cum terris quae eidem ecclesiae pertinent... Haec quidem omnia praefatae ecclesiae contuli quae mihi jure heredilario contigerant, nihil mihi in his omnibus lerrenae consuetudinis retinens in foro, in nundinis, in pasnaguüs, ab omni consuetudine liberavi. Liberavi eliam haec omnia ab omni consueludine ecclesiastica, consilio et consensu Roberti Rothomagensis archiepiscopi, atque Hugonis Bajocensis episcopi, caelerorumque episcoporum meorum seu baronum in quorum praesenlia haec acta sunt. »

>. Gui. DE Jumièces, VI, rx, éd. Marx, p. 111; cf. infra, p. 82, et aussi Appendice I, p. 238.

3. Texte infra, p. 42. Les douze églises sont, outre l'église abbaiiale, celles de Sainte-Croix et Saint-Germain de Montivilliers,

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