‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 72 sur 342 · A6 ANALYSE DU PRIVILÈGE · texte numérisé non relu

A6 ANALYSE DU PRIVILÈGE

Le privilège en présence duquel ces textes nous mettent, offre un double caractère que nous analyserons plus loin en détail, mais qu'il faut, pour l'intelligence des développements suivants, indiquer dès à présent. 1° Il comporte l’abandon fait par l’évêque, au profit d’un monastère, des coutumes épiscopales* perçues sur une église. On appelle ainsi les droits pécuniaires que touche l’évêque : ceux que les prêtres lui versent en venant au synode (synodalia), ou qu'il reçoit lors de la visite (circadae), part de dîme, amendes et taxes de justice (et, par extension, le jugement même des causes). »° Le privilège s'applique à un territoire déterminé *.

Mais on ne rencontre dans ces textes aucune clause d’exemption. Ni la libre élection de l'abbé, ni la limitation du contrôle disciplinaire et du pouvoir d'ordre de l'évêque n'y sont concédés. Les monastères restent soumis à la juridiction épiscopale, et, afin d'achever de le prouver, il suffit de montrer qu'ils n’ont jamais été exempts. Pour Cerisy, une telle démonstration est impossible, faute de textes antérieurs à une bulle de 1179 qui a modifié le régime préexistantf. Pour Montivilliers, on peut l’établir, voici par quels faits

1° Montivilliers est cité dans la liste des abbayes soumises à l'archevêque de Rouen, donnée par une bulle d’Adrien IV (1154-1159).

2° Lors d'un conflit (1213-1218) entre l’abbesse Aelis et l'archevêque Robert Poulain, qui avait exercé le droit de contrôle disciplinaire et de visite, Innocent IIT, esti-

Harfleur, Rolleville, Octeville, Épouville, Petiville, Sanvic, Gueutleville, Vasouy, Rouelles et Saint-Martin-du-Manoir (cf. infra, pp. 279-280). EX

4. Le diplôme de Cerisy dit : « de toute coutume ecclésiastique »: sur cetle variante ecclesiaslica, cf. infra, pp. 73-74.

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