APPROPRIATION DE COUTUMES PAR DES LAIQUES
C'est vers 1020 que Giroie avait acquis Montreuil et Echauffour *. Il en interrogea les habitants pour connaître de quel évêché ils relevaient. « D’aucun », répondirent-ils. Giroie, indigné : « C’est tout à fait injuste, dit-il. Plaise au ciel que je ne sois pas sans pasteur et privé du joug de la discipline ecclésiastique. » Puis, il s’enquit de savoir quel était le plus pieux des prélats voisins; on lui apprit que c'était l’évêque Roger de Lisieux, et il mit aussitôt ses possessions sous la juridiction de ce prélat. Un autre seigneur des environs, Baudri de Bocquancé, et ses gendres, Vaucelin de Pont-Echanfré et Roger du Merlerault, en firent autant pour les leurs. C’est ainsi que le diocèse de Lisieux s’accrût, dans la région de la Charentonne, de territoires qui avaient dépendu, à l'époque franque, du diocèse de Sées ‘*
Orderic Vital ajoute que l’évêque Roger accorda aux seigneurs un privilège de juridiction. Il précise même privilège de juridiction d’archidiacre, mais c’est sans doute, nous le verrons, une interprétation anticipée du chroniqueur qui définit l'institution telle qu'elle existe de son temps”. En fait, Roger donna aux seigneurs — S — les coutumes épiscopales. Ce sont ces coutumes que possédait, trente ans plus tard, le fils de Giroie, Guillaume, et qu'il céda aux moines de Saint-Evroult ”
« entendez qu'ils se réservèrent »
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