‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 92 sur 342 · USURPATIONS DE COUTUMES ÉPISCOPALES · texte numérisé non relu

USURPATIONS DE COUTUMES ÉPISCOPALES

L'évêèque de Lisieux n'accorda pas la franchise ”. Chef d'un diocèse qui, depuis plus d’un siècle, n'avait plus été gouverné *, il s’appliquait à en reconstituer le temporel. Les chanoines, de leur côté, s’efforçaient de conserver les coutumes usurpées. Obligés de céder sur les droits de synode, ils tentèrent de lutter pour garder les droits de visite (circadae). Une lettre qu'ils écrivirent, en ro22, à l'évêque de Lisieux, Herbert, nous apprend qu'ils ne les lui payaient pas; l'évêque avait protesté, et les chanoines le prient d'attendre, avant de frapper leurs églises d’interdit, le retour de Fulbert parti pour Rome *. Mais nous ignorons celte fois-ci la solution du différend.

À la même époque et au même diocèse se rattache l’anecdote suivante racontée par Orderic Vital. Vers 1050, un seigneur normand, Guillaume, possédait les coutumes épiscopales sur ses domaines de Montreuil-l’Argillé et d'Echauffour, dont son père, Giroie, avait, vers 1030- 1036, fondé les deux églises ‘*; et, ajoute le chroniqueur, « aucun archidiacre n'osait tourmenter les prêtres de ce domaine ». Orderic Vital explique maintenant l’origine de la franchise, et là réside, pour nous, l'intérêt véritable de l'épisode.

fratrum nostrorum necessarios retinere, si charitati vestrae placuerit sanclorum patrum meorum supra memoratum remissionis exemplum observare. Si non merui ut causa mei aliquid faciatis, restat, spero, aliquando merilum iri, opitulante gratia Christi. Valete, charissime Pater, et mementole mei in orationibus vestris. » Sur ce texte et sur les suivants, cf. Hasxins (Norman Institutions, pp. 32-35), qui a donné une liste assez complète des actes de franchise des coutumes épiscopales. Voir aussi PrISTER, De Fulberti Carnotensis episcopi vila et operibus (Nancy, 1885), ACER ,

11. Nous pouvons le déduire du texte dont il va être question ci-dessous : en 1022, l’évêque de Lisieux ne réclamait plus aux chanoines que les droits de visite ; c’est donc que les droits de synode lui étaient payés.

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13. Micne, CXLI, 265 (ep. 115). Sur cette lettre, sa date et Île voyage de Fulbert à Rome, cf. PrisrER, De Fulberti.. vita el ope. ribus, pp. 93-94 ; In., Études sur le règne de Robert le Pieuz, D032-1G0h XIE 00:

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