‹ Étude sur les privilèges d'exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes: des origines jusqu'en 1140Chapitre 96 sur 342 · APPROPRIATIONS LAÏQUES · texte numérisé non relu

APPROPRIATIONS LAÏQUES

»° Contre de telles usurpations, l'évêque Roger, prenant possession d’un diocèse longtemps abandonné, s’efforce de réagir. Il essaye de récupérer les coutumes usurpées. Il y réussit même vis-à-vis des Chartrains, mais il faut avouer qu'il est singulièrement aidé par le très conciliant évêque Fulbert, imbu des mêmes idées réformatrices. C’est un cas spécial. C’est aussi un cas isolé. Vis-àvis de Giroie et des seigneurs de la région d’Echauffour, qui sont cependant des laïques, Roger doit renoncer aux coutumes. Somme toute, une telle politique épiscopale de récupération est prématurée. La tentative de Roger n’est qu'un épisode de la réforme épiscopale qui, faite sans l’appui de la papauté, sans direction et sans continuité, finit par échouer *”.

Les laïques continueront pendant longtemps encore de s'approprier les coutumes épiscopales. Vers 1050, Raoul Taisson les tient en fief, sur douze églises, de l’évêque Hugues de Bayeux *”, et Guillaume de la Ferté-Macé, sur trois églises, de l’évêque Yves de Sées *. Les coutumes épiscopales se transmettent à cause de mort et entre vifs ®. Lorsqu'elles sont cédées, le consentement du duc de Normandie est généralement exprimé **; parfois aussi celui du seigneur *’ ; et lorsque ce seigneur est l’évêque,

or. Fricne, La Réforme grégorienne, I, pp. 60-92.

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