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Étude sur les Psélaphides

Depuis la publication, en 1868, du Catalogue de Munich, qui mentionnait 450 espèces décrites de Psélaphides (comprises celles de Motschulsky , qu’on peut ne considérer que comme des noms in litteris ), l’intéressante famille des Psélaphides, grâce aux recherches des entomologistes et des voyageurs, dans toutes les parties du globe, s’est accrue dans des proportions considérables, et aujourd’hui le chiffre des espèces connues dépasse certainement 1800.

L’heure est venue de coordonner et de synthétiser tous les travaux auxquels tant de découvertes ont donné lieu.

Plusieurs essais ont été tentés, depuis quelques années, avec plus ou moins de bonheur ; j’en reparlerai en détail, h propos de la classification; mais les meilleurs avaient tous au moins le défaut d’être édifiés à l’aide de matériaux insuffisants.

Le travail que j’entreprends aujourd’hui n’est point, à proprement parler, une monographie, mais simplement une révision des Psélaphides de ma collection qui renferme, il est vrai, la grande majorité des genres et des espèces. En effet, sur 271 genres énumérés dans le travail qui va suivre, y compris ceux de Motschulsky, ma collection en renferme 247. En dehors de ces genres de Motschulsky, qui ne sont que des noms in litteris , il n’y en a donc que 24 que je n’ai pas vus et étudiés directement.

Cette collection comprend :

1° Le résultat de mes propres chasses en Corse, en Espagne, dans le midi de la France, en Algérie, en Abyssinie, à Zanzibar, à Java, dans les Moluques, la Nouvelle-Guinée et à Singapore.

2° Les collections entières de Chevrolat, Reitter et Schaufuss.

3° Les exotiques des collections de Mniszech et de Saulcy ; je dois une reconnaissance toute spéciale à ce dernier collègue qui a bien voulu m’en faire don.

Revue d’ Entomologie — Janvier 1890.

4° Un dédoublement des chasses envoyées à M. H. Oberthur, par MM. de Matlian et Germain.

5° M. Peringuey, auquel l’entomologie de l'Afrique australe sera redevable de nombreuses découvertes et d’importants travaux, a bien voulu m’enrichir d’un grand nombre d’espèces du Cap et du Transvaal.

0° Mon ami le D r Sharp et M. Lewis m’ont généreusement donné des types intéressants de la région australienne et du Japon.

Enfin, j’ai h remercier aussi beaucoup de nos collègues, et spécialement MM. Fauvel, Fairmnire, Bedel, Sallé, Sédillot, H. Deyrolle, Montandon, auxquels je dois des espèces fort intéressantes, et mon cousin et ami le H. P. Belon qui, par les traductions qu’il a bien voulu faire pour moi, m’a singulièrement facilité ce travail.

Dans ces conditions, une révision de ma collection sera presqueune monographie, d’autant que je mentionnerai les espèces que je n’aurai pas vues, en reproduisant les diagnoses des auteurs et, autant qu’il me sera possible de juger d’après des descriptions et des figures, je m’efforcerai d’introduire les genres et espèces qui me seront restés inconnus dans l’ordre systématique que j’ai adopté.

Je fais appel à l’indulgence de mes collègues, surtout en ce qui concerne la bibliographie ; je n’ai pas, comme la plupart d’entre eux, la bonne fortune de vivre dans un centre scientifique, au milieu des collections et des bibliothèques, et surtout à proximité de recevoir des conseils et des renseignements qui me seraient précieux.

Ce travail comprendra d’abord uiîe introduction et un tableau provisoire de la classification de la famille ; je dis provisoire, car il est fort probable qu’en étudiant successivement les différents genres, espèce par espèce, je serai amené à faire quelques modifications, tout au moins de détail, dans ce tableau, qui sera reproduit si cela est nécessaire, à la fin du travail, avec toutes les modifications et augmentations qui m’auront, été suggérées.

Cette introduction sera suivie d’une série de monographies détachées des différents groupes, sans que je m’astreigne à traiter d’abord le premier groupe jusqu’au dernier, en suivant l’ordre naturel indiqué dans le tableau.

J’illustrerai ce texte d’autant de planches qu’il me sera possible, estimant qu’une bonne figure est le complément indispensable d’une description, si parfaite qu’on la suppose.

Je dois enfin prévenir mes collègues, que je me suis constamment servi d’un microscope pour étudier ces petits insectes ; ils ne devront donc pas s’étonner, s’ils ne peuvent apercevoir à la loupe certains détails que je signale même comme essentiels.

Dans les planches, les dessins de détails ont été pins on moins grossis et à des échelles variables suivant les différents organes.

11 n’en est pas de même pour les ligures d’insectes entiers. La taille des Psélaphides n’étant variable que dans des limites très restreintes, j’ai pu adopter une échelle fixe et uniforme pour représenter les plus gros aussi bien que les plus petits ; on peut ainsi juger à première vue de leurs proportions relatives.

Tous ces dessins étant faits au micromètre, les dimensions en sont rigoureusement exactes, et à une échelle invariable de 1 millimètre pour 8/100 de mill., c’est-à-dire que si la figure a 25 mill., l’insecte a 2 mill. ; si la figure a 10 mill., l’insecte a 4/5 de mill. Ce qui n’empêchera pas que la dimension de l’insecte soit, comme d’usage, représentée à côté de lui. Il pourra arriver que pour certains groupes composés d’espèces très petites, et lorsqu’il s’agira d’indiquer les caractères distinctifs de chacune d’elles, je sois obligé d’employer une autre échelle ; mais alors je l'indiquerai.

Enfin, j’ai sacrifié, sans aucun remords, dans les planches, la symétrie et le coup d'œil, pour y faire entrer le plus de matériaux possible, tenant beaucoup à figurer la grande majorité des espèces, on au moins les caractères principaux qui les distinguent les unes des autres.

Singapore, janvier 1890.

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