OBSERVATION XXI
Espiorarion sans résultat. — Pas d'accident. — Barker, Lancet, 24 janv. 1885,
page 141.
Croyant à une pierre dans le rein, on fait une incision exploratrice lombaire; on palpe le rein directement, on ne sent pas de calcul. On fait plusieurs ponctionsavec aiguille à acupuncture, on ne trouve rien.
Suture de plaie. Guérison sans accident de la plaie opératoire.
OBsSERvVATION XXII Signes fonctionnels de calcul rénal, — Incision exploratrice lombaire, avec palpation et acupuncture multiple du rein. —:On ne trouve pas de pierre. — La plaie opératoire guérit en quelques jours sans mauvais effet. — M. ARTHUR E. Barker, Lancet, 1885, 1, 140.
A. G..., entre à University College Hospital le 23 janvier 1882, ayant déjà
été traité pour un calcul du rein dans deux hôpitaux. Sa maladie semble dater
de trois ans, époque où ses parents remarquèrent pour la première fois qu'il avait de la douleur et de la gêne en urinant. Il fut alors circoncis à l'hôpital des Enfants (Ormond-Street), mais un peu plus tard on réugraua en plus les
symptômes de douleurs du côté droit et d’hématurie.
Il fut mené à Saint-Peter’s Hospital, où il resta environ un mois ; pendant.
cette période, il fut plusieurs fois .sondé pour un calcul dans la vessie, mais avec un résultat négatif. Le repos au lit semblait cependant arrêter l'hémorragie, mais la douleur de rein était aussi forte que jamais.
Après cela, je le reçusici, à l'hôpital, pour lobserver, mais là aussi le repos sembla le soulager presque complètement, et, en conséquence, : il quitta lPhôpital peu après. é
Je le revis de nouveau le 23 janvier 1882. Tous les signes étaient revenus. Paroxysmes de douleurs augmentant graduellement d'intensité et ressentis dans la région lombaire et le sommet du pénis. Pendant la douleur, le malade à des nausées, mais pas de vomissements. L” urine n’est pas toujours sanglante après les attaques de douleur, mais elle esthabituellement plus claire d'abord, puis devient de plus en plus foncée et épaisse, ressemblant à du sang pur à certains moments. Miction cinq ou six fois par jour; pas de souvenir d’augmentation de fréquence de la miction à aucun moment. L'enfant a toujours été délicat, il a eu des bronchites dans sa première enfance; son père est asthmatique ; sa mère est bien portante.
Le 31 janvier, examen sous le chloroforme de la vessie et de l’uretère par le rectum, palpation du flanc avec beaucoup de soin, mais on ne trouve rien d’anormal d'aucun côté. L’urine rendue immédiatement après l'examen était claire, mais celle qui fut rendue la nuit suivante était rouge brun, contenant des globules rouges et blancs et des cristaux ne de chaux. Le jour suivant, le garçon semblait très bien. < S
Il est noté aussi que le trois février l’urine rendue fut plus sanglante qu’elle ne l’avait encore été, elle était acide et contenait des cristaux comme auparavant, pour ce qui est du reste la santé générale était bonne et il n’y avait aucune des crises de colique néphrétique dont le malade s’était plaint autrefois. Nous avions donc là l’apparence la plus complète d’un calcul rénal, il manquait à peine un symptôme à sa description habituelle. En premier. lieu, douleur dans la région rénale droite, paroxystique avec irradiation vers le pénis et suivie d’hématurie grave.
Urine acide contenant des cristaux d’oxalate de charx et. rouge de sang. Le fait que le rein n’était pas augmenté de volume excluait presque l’idée d’un néoplasme, puisque les symptômes dataient de trois ans et semblaient aussi exclure l’idée d’une tuberculose datant de cette époque ; ensuite, après l’exploration nouvelle de la région lombaire, il y avait le jour suivant augmentation de l'hématurie, Il n’y avait pas cependant d'augmentation de fréquence de la miction à aucun moment. C'était là le seul symptôme de calcul qui manquût. Il nous sembla donc que, tout ayant été fait sans résultat pour atténuer les souffrances de cet enfant, la meilleure voie à suivre était de faire une incision jusqu’au rein, de l’explorer avec soin et de retirer la piérre si on én trouvait une. Dans ce but, le 8 février, je fis une incision jusqu’au rein, allant obliquemeént de didier le sommet de la douzième côte èn bas et en avant. Pour gagner de espace, le sommet de la côte fut coupé avéc une pince à os. Je passai alors mon doigt sur les deux surfaces du rein sans y rien trouver .d'anormal, je ponctionnai alors l'organe dans toutes les directions, énviron vingt fois, avec une longue aïguille enfoncée profondément mais’ avec un résultat également Sn comme je ne pouvais pas me décider à retirer un
rein dans lequel rien ne paraissait anormal, je fermai la plaie; c’était l’un des premiers cas où le mode d’exploration était adopté dans cet hôpital et son résultat fut surveillé avec grand intérêt, l'opération n'avait pas été difücile,
Je n'avais eu à lier qu'un vaisseau musculaire et les piqûres du rein saignaient
à peine.
La palpation de l'organe qui était petit et haut placé derrière les côtes fut la seule chose qui bé de la difficulté.
Précautions antiseptiques pendant l'opération : pansement avec lint et huile phéniquéé, et une couche de ouate je D petit tube à drainage dans l’angle inférieur de la plaie, ;
Le jour suivant, peu de chose à noter, si ce n’est une légère sensibilité dans le côté et du malaise. Tr. 099.8 (38), pouls 144. La nuit suivante le malade dormit mieux, le matin Tr, 100.6 (38.5.); le malade aurait rendu seize onces d'urine en vingt-quatre heures (450 grammes) avec quelques douleurs au pénis, mais bien moins qu'auparavant, l’urine d’abord légèrement couleur de café s’éclaircit de plus en plus. É
Premier PANRORENt le 10 février, pas de suppuration, le tube est retiré ; pansement le même que le premier jour. Le 13, légères douleurs dans le flanc, après un repos le malade rend de l'urine couleur rouge brun foncé. Le 14, le malade est absolument remis de l'opération et s’asseoit sur son lit. Depuis plusieurs jours, très peu de douleurs dans le côté, mais quelques douleurs après la miction ; l'urine, à cette époque, est seulement un peu trouble, avec une assez grande quantité de globules rouges et blancs et de cristaux d’oxalate de chaux. Le 21, je retire les sutures métalliques, car la plaie est fermée par première intention; le 27, pour la première fois, et les jours suivants il se lève, il court de côtés et d’autres sans souffrir en aucune manière ; il quitta l'hôpital le rer mars, ne souffrant plus nulle part.
Il est digne de remarque que, depuis l’opération, le malade ne ressentit plus de douleurs dans le rein, ni ailleurs, pendant une longue période; il remarqua seulement un peu de sang dans ses urines. Quelques mois après cependant sa santé semble décliner et il eut un retour de ses anciens symptômes ; il rentra alors dans une salle de médecine pour être observé, mais on ne put rien trouver de nouveau. Le repos, la bonne nourriture, les toniques semblent lui avoir profité, car les symptômes diminuent de gravité. Depuis qu'il a quitté l'hôpital, je ne lai plus revu.
OgsEervATION XXIII
Rein tuberculeux. — Grande prostration. — Néphrotomie exploratrice, — notable amélioration pour quelques mois. — Mort de cachexie Le mois plus tard, par ART. Barker Lancet, 24 janv. 1885. à
‘Femme 27 ans.
Malade depuis six mois, ayant eu à = Pace de 17 ans des symptômes ressem-
blant à de la colique néphrétique. Ayant souvent rendu depuis ses urines
rouge brique. Une nouvelle douleur semblable est survenue il y a six mois; à cette époque aussi elle a eu une saillie du côté droit. de l'abdomen, grosse
comme un œuf, légèrement sensible à la pression. Cette saillie disparaît après huit semaines; pendant qu’elle existait la malade avait eu de la pyurie et de la fréquence de la miction qui disparurent aussi.
Elle entre à l’hôpital en mars 1880, malade, amaïigrie, jambes très enflées, veines très accusées; à part de la plénitude dans le flanc droit, s'étendant vers la fosseiliaque, tout semble normal dans la palpation dans le ventre. La tumeur sentie n’est pas douloureuse, on sent l'intestin en avant d'elle. Le repos au lit et le traitement général améliorent un peu l’état de la malade, le gonflement des jambes diminue, elle devient un peu plus forte. Lé 27 avril on me demande de l’examiner, je diagnostique une tumeur rénale contenant probablement du pus et une pierre. J’explore la tûmeur avec une aiguille aspiratrice à travers la région lombaire, à une profondeur modérée, je pénètre dans une collection de pus fétide dont je retire une once et demie (42 grammes).
En enfonçant l’aiguille un peu plus profondément on ne retire que du sang pur. (
On ne trouve aucun calcul.
Aucun mauvais effet ne suivit cette opération, il n’y eut ni pus ni sang dans l’urine; comme la malade restait dans le même état, je fis une incision jusqu’au rein par la voie lombaire, une semaine après, le 27 avril.
En atteignant le rein on ponctionna, avec une Re aspiratrice et on retira un peu de pus.
Je passe un bistouri le long de l'aiguille, et à travers l’orifice que j'ouvre ainsi, j'introduis mon doigt dans le bassinet. Hémorragie assez abondante pendant un instant, mais s’arrêtant vite. Le bassinet paraît souple partout où le doigt peut atteindre, on ne sent pas de calcul.
Précautions antiseptiques. — L'opération produisit un choc considérable, pendant vingt-quatre heures la température reste au-dessous de la normale, mais la malade se remet rapidement, son état présente une véritable amélioration. On parle plusieurs fois de faire la néphrectomie, mais je m’y opposai, craignant une trombose des grosses veines de l’abdomen. La malade s’affaiblit peu à peu et meurt au mois de juillet suivant, cinq mois après l’opération.
Le autopsie montre que le rein gauche est augmenté de volume et 2mNlbtde le rein droit qu’on avait exploré était rempli de cavités tuberculeuses et fortement adhérent aux organes voisins, en particulier au côlon ascendant et au cœcum.