INTRODUCTION
L'idéal de la médecine moderne est la mise en œuvre de moyens diagnostiques objectifs. La clinique ne fournit que dans des cas tout à fait exceptionnels la ‘signature pathogonomonique d’une maladie, alors que les procédés dits de laboratoire peuvent dans certains cas donner une certitude absolue. I} ne s’agit pas évidemment de remplacer complètement le sens, l'esprit clinique qui reste encore la qualité médicale par excellence, mais de doter le médecin de movens de vérification sûrs. Encore faut-il que ces moyens soient exactement adaptés au but et, pour ne citer que les deux postulats principaux, qu'ils soient spécifiques et sensibles.
Au temps où l'on croyait que toutes les maladies microbiennes étaient semblables, on pouvait encore croire que l’on disposerait un jour de moyens d'investigation communs pour toutes. Or, il a fallu rapidement changer d’avis, car on s’est aperçu que chaque maladie se comportait au point de vue biologique d’une façon personnelle. Si l’une est décelable par l’hémoculture, l’autre ne peut se caractériser que par une réaction d’agglutination, alors qu’une troisième présente une réaction de déviation du complément. La constatation la plus décevante est l'existence de maladies dont la connaissance ne peut être décelé par
sie
aucune des réactions connues. À l'opposé, il y a des faits de réactivité d’une extrême sensibilité permettent de découvrir avec la même intensité les états d'infection inapparente et les syndromes cliniques bien caractérisés.
En ce qui concerne la tuberculose qui nous occupera dans ce travail, le problème de son diagnostic biologique est le plus complexe qui soit dans cet ordre d'idées. La preuve la plus évidente en est la multiplicité des procédés proposés. En effet, s’il y en avait un bon, tous les autres seraient devenus inutiles. En réalité, il y en a un très grand nombre dont aucun ne possède la valeur universelle d’une réaction de Bordet- Wassermann par exemple, mais dont quelques-uns peuvent néanmoins conserver des indications limitées. Nul n’ignore, en particulier, la signification des cutiréactions à la tuberculine chez les enfants, alors que chez l’adulte elle est d’une grande banalité.
Bien qu'on ne possède aucun moyen de diagnostic biologique infaillible de la tuberculose, nous nous proposons de tirer des indications pronostiques de certaines des réactions de l'organisme tuberculeux. Si une telle prétention a été émise surtout pour la tuberculose, c’est que le problème pronostique de cette maladie est particulièrement ardu et la clinique est souvent insuffisante. Nous examinerons dans ce travail, à propos de chaque réaction, le renseignement pronostique qu'elle est susceptible de fournir.
Nous avons adopté pour notre travail le plan suivant :