‹ Étude sur les Réactions Biologiques de la TuberculoseChapitre 6 sur 16 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

Réactions diverses.

Valeur diagnostique pratique des réactions

biologiques.

Le pronostic biologique.

IMMUNITE ET ALLERGIE DANS LA TUBERCULOSE

Lorsqu'un microbe ou d’une façon plus générale une substance protéique étrangère pénètre dans l’organisme, ce fait imprime aux humeurs des modifications sinon définitives, tout au moins très durables. Ces modifications, quelle que soit leur signification, sont toujours spécifiques. c’est-à-dire ne peuvent être décelabhles qu'a l’aide de l’antigène qui leur a donné naissance.

On connaît deux grandes catégories de réactions biologiques de cet ordre : les réactions d’immunité et les réactions d’allergie. Nous ne pouvons, bien entendu, entrer ici dans les détails des diverses conceptions, mais il nous faut noter que les réactions de l’organisme tuberculeux oscillent en quelque sorte entre ces deux phénomènes.

Certains auteurs tendent à confondre l’immunité et l'allergie (ArrHus, Pons), par contre BoRDET s'élève contre cette conception et montre qu'un degré très élevé d’allergie peut coïncider avec une absence complète d’immunité et même avec une réceptivité particulière. 11 y aurait alors dissociation entre les deux phénomènes.

L'allergie tuberculeuse est d’ailleurs très différente de l’anaphylaxie. On sait que la sensibilisation ne peut être faite par la tuberculine, mais seulement avec le

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bacille tuberculeux entier. Par contre, la tuberculine est apte à déchaîner le phénomène allergique. Quant à l’immunité, certains auteurs se demandent même si elle existe dans la tuberculose. D'après DEBRÉ et BonxeT, la tuberculose ne s’accompagne que d’une immunité de surinfection, c'est-à-dire que l’immunité n'existe que tant que l’organisme contient des bacilles tuberculeux vivants. Autrement dit, cela revient à dire que seuls les tuberculeux sont à l’abri de la tuberculose. Un individu exempt de bacille de Koch, même s’il a été infecté autrefois, n'est plus immunisé. La tuberculose se comporterait donc à cet égard comme la syphilis. D'ailleurs, l’intéressante conception de J.-A. Weïz, rapproche encore plus la tuberculose de la syphilis. En effet, si une première atteinte par le bacille de Koch constitue une immunisation, on s'explique mal comment la tuberculose clinique de l’âge adulte peut se développer. Force est donc d’admettre que la tuberculose, comme la syphilis, continue à évoluer après la primo-inoculation et donne naissance au bout de nombreuses années à des manifestations secondaires et tertiaires. Une telle conception bouleverse un peu certaines idées sur la contagiosité de la tuberculose chez l’adulte, aussi ne doit-on la considérer aujourd’hui que comme une hypothèse intéressante. * Encore resterait-il à savoir pourquoi chez certains individus la tuberculose donne naissance à des accidents secondaires et tertiaires, alors que chez d’autres, également infectés, elle restera latente toute la vie. J.-A. Weiz tend à expliquer ces différences par les réactions cellulaires qui ont accompagné la primo-inoculation. Il est également certain que le terrain, les réactions chimiques de l'organisme, les influences débilitantes, les facteurs constitutionnels, etc.

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jouent un certain rôle. Enfin, il n’est pas impossible que l’immunité s’affaiblit sous l'influence de certaines conditions et alors une surinfection massive détermine une tuberculose cliniquement caractérisée.

En fin de compte, nous ne savons rien de la nature exacte des réactions biologiques de l’organisme tuberculeux. Cette ignorance ne doit pas influencer l’utilisation pratique de ces réactions. La réaction de WaAssERMANN ne constitue pas non plus une réaction d’immunité, n'empêche qu'elle constitue un procédé diagnostique précieux.

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