CHAPITRE II
Réfiexe de la pupille à la lumière.
19. On connaîtdepuis longtemps la manière dont la pupille se comporte vis-à-vis de la lumière.
Ainsi, déjà, dans l'antiquité, Hippocrate, et après lui Paul d’Egine avaient compris importance de la réaction pupillaire dans les maladies. En 1752 Verdier (259, t, 2, p. 314) disait : « La prunelle se dilate ou se resserre suivant la clarté ou l’obscurité des lieux. Ces mouvements de dilatation ou de resserrement dépendent de plusieurs fibres qui se trouvent dans la face interne de l'iris, et dont les unes sont circulaires et les autres longitudinales ». Janin (137) assimile l’iris, et par conséquent la pupille, à « une espèce d’écluse destinée à n’admettre que la quantité de rayons de lumière nécessaire pour produire une vision parfaite sans fatiguer l’organe visuel ». En 1804, Portal (212) essaie d’expliquer la photoréaction pupillaire en supposant que la lumière doit chasser le sang de la rétine dans Piris. Bérard (28) n’admet pas cette hypothèse. Puis vint Ribes qui voulut donner l'explication de la propulsion de Piris dans la vision des
objets très éclairés en prétendant que la contraction pupil-
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laire doit amener l'accumulation de l'humeur aqueuse dans la chambre postérieure... etc. Qu’on nous permette de nous arrêter ici dans ce rapide historique du réflexe de la pupille à la lumière, car nous l'avons déjà fait, dans le chapitre I, à propos des mouvements de l'iris. Ce n’est d’ailleurs que depuis une époque relativement récente qu’on a attribué les mouvements de la pupilile à des
réflexes.
20. Le réflexe de la pupille à la lumière est un mouvement involontaire et inconscient de dilatation ou de rétrécissement plus ou moins prononcé selon le degré d'intensité de la source lumineuse. Il est dû, soit à l’arrivée subite, soit àl’excès de lumière dans l’œil. En ce cas, le réflexe s’opère par la réaction sensible de la rétine sur les nerfs moteurs.
Ce phénomène est très prononcé chezle chat. A la lumière solaire cet animal présente une pupille linéaire verticale, et dans une obscurité relative une pupille fortement dilatée en forme de disque. La contraction est due à un réflexe qui produit la contraction du sphincter. Quant àla dilatation je pense qu'on peut l’expliquer, dans ce cas-ci, par la simple élasticité de l'iris. À mon sens, ilest probable que les fibres radiaires n’entrenten jeu que sous l'influence de réflexes sensitifs-sensoriels dont nous
ferons l’exposé plus loin.