‹ Étude sur les réflexes pupillairesChapitre 19 sur 65 · Dans le coma diabétique, les pupilles dilatées n’ont · texte numérisé non relu

Dans le coma diabétique, les pupilles dilatées n’ont

pas perdu leur faculté de réaction à la lumière.

55. Babinski et Charpentier (48) estiment que l'abolition des réflexes de la pupille, surtout du réflexe à la lumière, est un signe presque certainde s yphilis héréditaire ou acquise, quand elle n’est pas due à des lésions du nerf optique ou à une paralysie du moteur oculaire commun. D'ailleurs M. Babinski aurait noté la rigidité pupillaire réflexe chez une vingtaine de syphilitiques sans qu'il y ait aucun autre signe de tlabes ou de méningo-encéphalite

diffuse, « D'ailleurs ces deux affections sont dans la plu-

La

part des cas d’origine syphilitique, comme l’a toujours soutenu M. Fournier ».

56. Dans l’iritis ouinflammation de l’iris la pupille devient paresseuse à l’action de la lumière. Il en est de même dans le glaucome chronique simple. Le réflexe à la lumière se produit mal parce qu’une partie de l’arc est en mauvais état ; il y a, en effet, névrite du plexus ciliaire.

57. Wilbrand et Sænger (278) ont trouvé la pupille paralysée dans l’'empoisonnement par la saucisse, la viande et le poisson, dans le botulisme, ainsi que dans divers cas d’empoisonnements aigus mortels.

58. Ces mêmes auteurs ont noté la paralysie de la pupille, dans la diphtérie et la paresse dans la diphtérie, l’influenza, le saturnisme.

Nous-même, avons observé chez une convalescente de la fièvre typhoïde, âgée de 25 ans,une paresse assez marquée du réflexe à la lumière du eôté de l’œil gauche. L’œil droit était normal.

59: Dans certaines intoxications médicamenteuses le réflexe à la lumière peut être aboli pour réapparaître quand tout le poison aura été éliminé.

Manquat (170 t. I, p. 438) rapporte une observation de Bayer d'après laquelle l’administration de 17 grammes d'extrait éthéré de fougère mâle et de 17 gr. de racine de grenadier avait été suivie entre autres phénomènes, d’une cécité absolue de l’œilgauche avec dilatation pupillaire et disparition du réflexe à la lumière. Le tout rede-

vint normal au bout de 15 jours.

RÉACTION HÉMIOPIQUE DE WERNICKE

60. L’hémiopie est une affection caractérisée par ce phénomène que lès sujets qui en sont atteints ne voient qu'une partie des objets qu'ils regardent. On l’a attribuée à des lésions détruisant en partie la rétine. Certains auteurs pensent qu’en certains cas elle serait causée par une opacité partielle du cristallin, d’autres par une lésion partielle du nerf optique.

L’hémiopie est homonyme ou hétéronyme. Dans la première, lamême moitié de chaque rétine est paralysée ; dans la seconde, la moitié droite d’une rétine et la moitié gauche de l’autre le sont.

Généralement elle est latérale, c’est-à-dire que le malade ne pourra voir que le côté droit ou gauche des objets qu’il regarde ; néanmoins on peut observer des cas où elle est horizontale. (Lapersonne et Grand).

Pour se rendre un compte bien exact de son existence et de sa variété il est bon de fixer les limites du champ visuel au moyen du campimètre.

Le nerf optique est formé de deux faisceaux (V. Schém. de Baasp. 23) : 1° un faisceau direct qui reste du même côté depuis sa naissance jusqu’à sa terminaison, ?° un faisceau croisé qui s’entrecroise dans le chiasma. En 1869, Leber devina l’existence d’un troisième faisceau ou faisceau maculaire que Samelsohn découvrit en 1882 et dont l'existence a été confirmée par les travaux de Bunge, Uthoff, Thomsen et Vossius.

Un grand nombre de fibres, en allant dans la protubé-

— D — rance et le bulbe où elles se mêlent aux fibres de la bandelette longitudinale postérieure, rendent les tubercules quadrijumeaux antérieurs centres réflexes des mouvements du muscle ciliaire et des autres muscles nécessaires à la vision.

Quandle nerf optique est frappé au delà du chiasma, la moitié des deux rétines est supprimée et l’hémiopie est créée.

« Une lésion, dit Testut (253, p. 439), par exemple, siégeant sur la bandelette gauche ou, ce qui est identique, sur le faisceau optique intracérébral du côté gauche, aura pour conséquence la paralysie de la moitié externe de l'œil gauche et de la moitié interne de l’œil droit. En effet, chaque bandelette optique et chaque faisceau optique intracérébral possèdent à la fois, comme nous l'avons vu des fibres provenant des deux yeux : les fibres externes ou temporales de l’œil correspondant et les fibres internes où nasales de l’œil du côté opposé. Il convient d’a- Jouter que les lésions de l’écorce du centre psycho-optique produisent exactement les mêmes effets que celles des conducteurs qui y aboutissent : la destruction du centre cortical de la vision, que cette destruction soit expérimentale ou pathologique, amène une hémianopsie dite d’origine corticale et le centre en question devient, pour les cliniciens, le centre cortical de l’hémianopsie ».

L’hémiopie sera donc amenée par la destruction de l’écorce de la face interne des deux lebes occipitaux, que celte destruction soit le fait d’un ramollissement ou d’une cause quelconque. On a pu s’en rendre compte grâce aux

méthodes anatomo-clinique et expérimentale. Néanmoins

Œ re

on n’observera qu’une hémiopie latérale homonyme. Mais, si les deux cunéus sont détruits, on observera une cécité totale (Bouveret).

On peut observer encore l’hémiopie dans l’hémorrhagie cérébrale déterminant des lésions du lobe occipital ou des radiations optiques. Dans ces cas là on la trouve souvent en compagnie de la cécité verbale, de l’hémianesthésie, de l’hémiplégie. Ici les phénomènes varient avec la localisation.

Un abcès localisé et les tumeurs du lobe pariétal et du lobe occipital surtout peuvent encore la déterminer en sectionnant les radiations optiques.

Notons en passant que celles-ci passent sous l'écorce du lobe pariétal avant d'arriver dans le lobe occipital.

On peut quelquefois observer l’hémiopie dans l’hémiplégie capsulaire d’origine hémorrhagique.

Quand le faisceau sensitif est sectionné à son passage dans la capsule interne et sur une très faible étendue, on peut noter parfois de l’hémiopie accompagnant l’hémianesthésie et l’hémiplégie du côté opposé à la lésion. Dans ce cas-ci l’hémiopie est généralement latérale homonyme, c’est-à-dire que c'est la même moitié de chaque rétine qui est paralysée, Si c’est la moitié droite, par exemple, la moitié gauche des objets ne sera pas vue.

On peutencore observer l’hémiopie chez les acromégaliques.Chezeux, le corps pituitaire s’hypertrophie, atteignant quelquefois, d’après certains auteurs, le volume d’un œuf de poule, et com e conséquence on note la compression de la partie interne des bandelettes optiques d’où hémia-

nopsie bilatérale.

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