I. — Procédés anciens
Observation. I. — Abcès du sinus maxillaire. Résection du maxillaire supérieur . Conservation de la muqueuse palatine. Mort par asphyxie. (Nous avons été témoin de ce fait que nous résumons d’après les notes de notre collègue, le docteur L. Bard) H-D. de Lyon, Salle Sainte-Anne. Se7-vice de M. le professeur Valette.
Femme de 35 ans. — Deux mois après une attaque de rhumatisme, douleur au côté gauche de la face, prise pour une névralgie. Coryza très-aigu. Quelque temps après, élimination d’un séques-
trepar le bord alvéolaire supérieur. Lors de son entrée à l’hôpital : douleur faciale intense, sans points d’élection comme dans la névralgie trifaciale. Ozène. Tuméfaction très-prononcée do la joue gauche. Elimination fréquente de petits séquestres par la bouche. Fistule avec perforation au niveau de la deuxième grosse molaire. En pénétrant avec un stylet dans le sinus, on sent qu’il n’est pas rempli, ce qui élimine l’idée d’un fongus.
13 janvier 1875. Résection de l’os maxillaire supérieur par le procédé deNélaton. Puis, incision médiane de la muqueuse palatine et incision longeant le bord alvéolaire, jusqu’aux attaches du voile du palais. Après l’ablation, le lambeau palatin est suturé à la joue et sur la ligne médiane.
17 janvier. Les suites de l’opération paraissaient simples. Ce matin à 5 heures, commencement d’asphyxie, mort à 8 heures m. (L’interne de garde n'avait pas été prévenu).
Autopsie : Coupe médiane antéro-postérieure. Les sutures avaient lâché ; on trouve le lambeau de la muqueuse palatine reposant sur l’ouverture du larynx. Congestion des poumons.
Observation II. — Communiqué par M. le professeur Desgranges. — Ostéo-sarcome du maxillaire supérieur droit.
Salle Saint- Louis, n° (51 . Jean R..., 58 ans, teinturier, né et domicilié à St-Etienne (Loire), entré le 24 juillet 1854, sortij le 26 septembre 1854.
Tumeur au niveau du maxillaire supérieur droit ayant débuté sans cause appréciable depuis 3 mois. Deux mois après le début le malade reçoit un coup de poing à ce niveau. Depuis lors la tuméfaction fait des progrès rapides ; le malade rejette fréquemment par la narine droite des mucosités sanguinolentes et sanieuses d’une fétidité extrême.
Actuellement, on constate sur la joue droite une tumeur limitée en haut par l’arcade orbitaire, en bas par la fosse canine, en dedans par l’apophyse montante du maxillaire et en dehors par 1 arcade zygomatique. Cette tumeur est irrégulièrement dure, bosselée ; elle se prolonge sur le plancher de l’orbite, soulevant 1 œil sans le chasser au dehors. Rien à la voûte palatine ; rien au
bord alvéolaire de l’os. La peau de la région est violacée, sillonnée d’arborisations fines. Elle glisse mal sur les parties profondes, et à la partie moyenne on aperçoit un petit tubercule blanchâtre. Les paupières sont tuméfiées et rapprochées l’une de l’autre au point d’être complètement fermées. Quelques douleurs lancinantes. Pression à peu près indolore.
16 août 1854. Opération. On taille un lambeau au m 03’ en de deux incisions, dont l’une verticale divise les chairs depuis le grand angle de l’œil jusqu’à la lèvre supérieure en rasant l’aile du nez. Du point supérieur de cette incision, part une seconde qui sa rend transversalement jusque sur la pommette. Cette incision passant au-dessous du petit tubercule signalé sur la peau, permet d’en faire l’excision, et sur le bord inférieur de la plaie, auquel il est adhérent. La tumeur est détachée avec la gouge et le maillet ; l’arcade zygomatique est sectionnée avec la pince de Liston. Au bout de quelques manœuvres, la tumeur est ébranlée et se détache. On voit alors à découvert la cavité du sinus dont les parois sont résistantes, sauf la voûte orbitaire, qui est en grande partie détruite, et partout on trouve une couche de tissu dégénéré. Pour détruire avec certitude toutes les parties suspectes, on tapisse les parois de bandelettes de pâte de canquoin portant un fil qui doit rester fixé à l’extérieur. Le canquoin est maintenu en place par des bourdonnets de charpie. Par-dessus, le lambeau est remis en place et réuni par la suture entortillée.