MANUEL FRANCISCO ALVAREZ
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Mesdames, Messieurs:
Comme membre du XI Congrès des Américanismes réuni à Mexico en 1895 j'eu la satisfaction de prendre part à l’excursion aux ruines de Milia, dans l’Etat de Oaxaca et avec les mesures et les renseignements pris sur le lieu même et après avoir consulté tout ce qui a été écrit sur cet interesant sujet j’ai fait
une étude sur ces restes du passé.
L’intérêt que toujours m’a inspiré J'archeologie sur le point de vue de l’art me fait concurrir aux séances du XTI Congrès des Americanistes et pour correspondre à cet honneur je vais vous présenter les résultats de mes études en vous demendant très humblement votre indulgence et votre attention.
L’expérience que j’avais acquise lors de mon premier voyage à Mitla me
décida à ne pas rester à Tlacolula pour y dîner et y passer la nuit, mais à continuer mon chemin jusqu’ à destination, et j’arrivai à Mitla chez Don Félix Quero le 29 Décembre 1898, à trois heures de l’après-midi.
Sans m’v arrêter, je me dirigeai
vers la partie basse delà ville,
et sur l’ancien
léocalli, occuppé aujourd'hui par une chapelle dont la construction fut terminée le 20 Avril 1671, d'après une inscription qu’on lit sur l’arc central, mes enfants Roberto y Alberto profitèrent du soleil couchant pour prendre trois vues photographiques qui m’ont permis de former le panorama ci-joint, dans lequel on voit à l’Est les ruines et l’église, et qui avec la perspective sans égale de Holmes, finiront de donner une idée éxacte de tout le terrain occupé par les anciennes constructions primitives. La vue du panorama de Charnav, comme l’a déjà fait remarquer un autre auteur, ne donne pas une idée éxacte des ruines, parce qu’elle a été prise de très près et de très bas, sur le chemin même, de sorte que les édifices paraissent très confus et qu’on ne peut apprécier les distances qui les séparent. Pendant le même après-midi, nous prîmes plusieurs photographies des édifices, et le lendemain matin, nous fîmes celle du grand «Higo» qui se trouve à l’ouest de la place et sous lequel on voit avec nous Don Félix Quero et son fils que tous les voyageurs connaissent si bien.
En partant de la maison de Monsieur Quero, dans la direction du Nord- Ouest et du Nord, et en descendant les rues on arrive aux bords du Mitla. Après l’avoir traversée, si on se dirige vers le Nord, à travers les terrains vagues de la Ville, on voit l’angle d’un vieil édifice si complètement détruit qu’il à disparu presque entièrement et son emplacement est occupé par des chaumières d’indiens. En marchant toujours dans la direction du Nord, on arrive au pied d’une ancienne pyramide dont les échelons en pierre taillée existent encore. Il y a d’abord un premier étage d’escalier, puis une sorte de plateau horizontal, et enfin d’autres marches conduisent en haut du ramhlai où se trouve un batiment dont la façade qui fait face à l'Orient se compose de trois arcs à demi bouchés. Celui du centre est pourvu d’une porte sur laquelle se trouve une pierre portant une inscription qui indique la date de l’achèvement de la construction (20 Avril 1671) sous l’administration de Diego Robles.
A 154 mètres plus loin, vers le Nord, il y a une croix montée sur un piédestal avec des marches. Si l’on change de direction vers l’Orient, on trouve à 42 mètres un talwey, et à 38 mètres plus loin, un autre talwey qui se réunissent à une petite distance ver le Sud. Suivant alors la même direction vers 1’ Orient, à cent cinquante mètres à partir de la croix, on arrive à la porte du cimetière de l’église moderne, construite avec les matériaux de l’ancien édifice indien dont il ne reste plus qu’une partie qui sert aujourd’hui de maison au curé et à laquelle donne accès une porte surmontée d'un auvént appuyé sur deux co-