MANUEL F ALVAREZ
Cour des Grecques.
lonnes tirées des anciens édifices. Si l’on part de la porte du cimetière en allant vers le Nord et si, arrivé à 26 métrés 80, on tourne vers l’est, on trouve un angle. Alors, marchant de nouveau vers le Nord, on rencontre à la distance de 32 mètres 50 l'extrémité d'une haie placée en 1888 dans le but de protéger les édifices du côté de l’Orient.. Cette clôture est longue de 68 mètres 40 de 1’ Est à l’Ouest. Puis elle tourne vers le sud et, à 145 mètres 45, plus 42,50 mètres, elle rejoint un ancien batiment, celui du centre qui est le mieux conservé, puis on suit un passage bordé d’une clôture de pierre sans mortier qui conduit à une cour fermée par une construction située au Nord et connue sous le Nom de «Salon des Colonnes» ou des «Monolithes.» A, 1 Est, on voit les ruines d’ une salle où il ne reste que deux colonnes qui la divisent longitudinalement en deux. La partie Ouest à déjà disparu, et avec la pierre qui restait, on à formé une clôture allant du Nord au Sud, qui se réunit à une autre semblable formée avec les décombres du côté Sud. Par un passage ouvert dans cette dernière clôture, on arrive à une salle située au Nord et en très mauvais état, devant laquelle se trouve une ouverture conduisant à un soubterrain dont le toit est formé de grandes pierres soutenues par une colonne. Sur les côtés Est et Sud, les salles sont en ruines, et au Couchant il n'y a qu’une clôture en pierre qu’il faut franchir pour continuer son chemin vers le Sud entre les terrains vagues. On passe près d’un monticule qui fut perforé du Nord au Sud en 1895. A 1' intérieur se trouve une construction à laquelle on a donné le nom de sépulcre, dont les murs sont formés de mosaïques semblables à ceux des salles. Puis, continuant à marcher vers le Sud, l’explorateur arrive aux bords du ruisseau où croit un bel arbre appelé «Higo,» puis enfin suivant la direction de l’Ouest, il arrive au point de départ que nous avons désigné au commencement de cette description.
Au moyen des mesures et des directions que j’ai prises j’ai formé le plan général du terrain sur lequel ont été construits les édifices que nous avons sous les yeux. Dans les travaux de différents auteurs que j’ai publié, il y a quelques différences concernant, les plans. Depuis le plan de Muhlenpfordt pas très bien détaillé, celui qui fut levé par les officiers français dans lequel des courbes à niveau sont médiocrement tracées, jusqu’à celui de Holmes qui contient assez de détails, aves les talweys et les courbes à niveau bien tracées dont 1 éxactitude est vérifiée par les vues en perspective et le panorama forme par mes enfants. 11 résulte du plan général ci-joint que l’aire du terrain est de 500
mètres du Nord an Sud, et de 300 mètres de l'Est à l'ouest* surface équivalente à 150.000 mètres carrés, Si du plan général nous passons à celui des autres constructions, nous verrons que les salles ont 17 mètres 65 sur 2m. 59 c'està-dire 44 mètres carrés 82, et que le salon des Colonnes à lui seul a 38m. 55 sur 7m. 10, ce qui fait 254 mètres carrés 41. La surlace totale des trois groupes: celui de l’église, le groupe central et le groupe de l’Ouest ou du ruisseau est de 2,164 mètres carrés. La disposition des quatre salles isolés formant un quadrilatère et laissant au centre un espace vide* est sans doute le caractère distinctif de ces constructions, comme il l’est également pour les ruines de Palenque, en Chiapas et pour celles d’Uxmal, de Chichen-Itza, etc., au Yucatan* qui ont la même disposition, comme on peut le voir en examinant les plans <ij oints.
On ne saurait reprimer un certain étonnement, en voyant que toutes ces salles ont pour entrée un ou trois portes plus larges que hautes, du côté de la cour, et qu’il n’y a aucune fenêtre donnant sur l’extérieur, car on ne peut entrer dans la cour que par les espaces libres laissés aux angles des ailes voisines, et les salles ne reçoivent le jour et la lumière que par les dites portes donnant sur les cours.
Cette vue restreinte et le manque de comunication avec l’exteriéur fait snpposer que les habitants de ces édifices vivaient dans l'isolement et la retraite, et que ces lieux étaient destinés à la méditation et à l’exercice des practiques religieuses, comme le prouve l’histoire qui a laissé le récit de ces coutumes, et comme l’assure le R. P. Burgoa, cité par tous les voyageurs qui se sont occupés de Mitla. Les édifices de Yucatan avaient une destination semblable, et quelques uns sont connus sous les noms de «Maison des nonnes,» à Uxmal, aussi bien qu’à Chichen ïtza. Ainsi donc, ces salles ne pouvaient en aucune façon satisfaire aux éxigences de la vie de famille, ce qui démontre le degré de culture d^ ces peuples qui, s’occupant de croyances et de p tactiques religieuses, ne pensaient pas à s’entourer des commodités nécessaires à l'homme ni de satisfaire aux éxigences matérielles ou intellectuelles qui font la base de l’éxistence dans les Sociétés modernes.
Construction des édifices. — Fondations.— Toutes les salles ne sont pas construites, sur le sol nu, quoiqu’il soit assez résistant, mais plusieurs d’entre elles reposent sur des remblais, peut-être pour qu’elles soient toutes à peu près à un même niveau, car le terrain est généralement en pente du Nord au Sud et de l'Est à l’Ouest.
lonnes tirées des anciens édifices. Si l’on part, de la porte du cimetière en allant veis le Nord et si, arrivé à 26 métrés 80, on tourne vers 1 est, on trouve un angle. Alors, marchant de nouveau vers le Nord, on rencontre à la distance de 32 mètres 50 l’extrémité d’une haie placée en 1888 dans le but de protéger les édifices du côté de l’Orient. Cette clôture est 1 mgue de 68 mètres 40 de 1’ Est à l’Ouest. Puis elle tourne vers le sud et, à 145 mètres 45, plus 42,50 mètres, elle rejoint un ancien batiment, celui du centre qui est le mieux conservé, puis on suit un passage bordé d’une clôture de pierre sans mortier qui conduit à une cour fermée par une construction située au Nord et connue sous le Nom de «Salon des Colonnes» ou des «Monolithes.» A, 1 Est, on voit les ruines d’ une salle où il ne reste que deux colonnes qui la divisent longitudinalement en deux. La partie Ouest à déjà disparu, et avec la pierre qui restait, ou à formé une clôture allant du Nord au Sud, qui se réunit à une autre semblable formée avec les décombres du côté Sud. Par un passage ouvert dans cette dernière clôture, on arrive à une salle située au Nord et en très mauvais état, devant laquelle se trouve une ouverture conduisant à un soubterrain dont le toit est formé de grandes pierres soutenues par une colonne. Sur les côtés Est et Sud, les salles sont en ruines, et au Couchant il n'y a qu’une clôture en pierre qu’il faut franchir pour continuer son chemin vers le Sud entre les terrains vagues. On passe près d’un monticule qui fut perforé du Nord au Sud en 1895. A 1’ intérieur se trouve une construction à laquelle on a donné le nom de sépulcre, dont les murs sont formés de mosaiques semblables à ceux des salles. Puis, continuant à marcher vers le Sud, l’explorateur arrive aux bords du ruisseau où croit un bel arbre appelé «Higo,» puis enfin suivant la direction de l’Ouest il arrive au point de départ que nous avons désigné au commencement de cette description.
Au moyen des mesures et des directions que j’ai prises j’ai formé le plan général du terrain sur lequel ont été construits les édifices que nous avons sous les yeux. Dans les travaux de différents auteurs que j’ai publié, il y a quelques différences concernant les plans. Depuis le plan de Mublenpfordt pas très bien détaillé, celui qui fut levé par les officiers français dans lequel des courbes à niveau sont médiocrement tracées, jusqu à celui de Holmes qui contient assez de détails, aves les talweys et les courbes à niveau bien tracées dont 1’ éxactitude est vérifiée par les vues en perspective et le panorama forme par mes enfants. Il résulte du plan général ci-joint que 1 aire du terrain est de o00
mètres du Nord an Sud, et de 300 mètres de l'Est à l’ouest, surface équivalente à 150.000 mètres carrés. Si du plan général nous passons à celui des autres constructions, nous verrons que les salles ont 17 mètres 65 sur 2m. 59 c’està-dire 44 mètres carrés 82, et que le salon des Colonnes à lui seul a 38m. 55 sur 7m. 10, ce qui fait 254 mètres carrés 41. La surface totale des trois groupes: celui de l’église, le groupe central et le groupe de l’Ouest ou du ruisseau est de 2,164 mètres carrés. La disposition des quatre salles isolés formant un quadrilatère et laissant au centre un espace vide, est sans doute le caractère distinctif de ces constructions, comme il l’est également pour les ruines de Palenque, en Chiapas et pour celles d’Uxmal, de Chichen-Itza, etc., au Yucatan, qui ont la même disposition, comme on peut le voir en examinant les plans O joints.
On ne saurait reprimer un certain étonnement, en voyant que toutes c^s Salles ont pour entrée un ou trois portes plus larges que hautes, du côté de la cour, et qu’il n’y a aucune fenêtre donnant sur l’extérieur, car on ne peut entrer dans la cour que par les espaces libres laissés aux angles des ailes voisines, et les salles ne reçoivent le jour et la lumière que par les dites portes donnant sur les cours.
Cette vue restreinte et le manque de comunication avec l’exteriéur fait snpposer que les habitants de ces édifices vivaient dans l’isolement et laretraite, et que ces lieux étaient destinés à la méditation et à l’exercice des practiques religieuses, comme le prouve l’histoire qui a laissé le récit de ces coutumes, et comme l’assure le R. P. Rurgoa, cité par tous les voyageurs qui se sont occupés de Mltla. Les édifices de Yucatan avaient une destination semblable, et quelques uns sont connus sous les noms de «Maison des nonnes,» à. Uxmal, aussi bien qu’à Chichen Itza. Ainsi donc, ces salles ne pouvaient en aucune façon satisfaire aux éxigences de la vie de famille, ce qui démontre le degré de culture de ces peuples qui, s’occupant de croyances et de practiques religieuses, ne pensaient pas à s’entourer des commodités nécessaires à l’homme ni de satisfaire aux éxigences matérielles ou intellectuelles qui font la base de l’éxistence dans les Sociétés modernes.
Construction des édifices. — Fondations. — Toutes les salles ne sont pas construites, sur le sol nu, quoiqu il soit assez résistant, mais plusieurs d’entre elles reposent sur des remblais, peut-ftre pour quelles soient toutes à peu près à un même niveau, car le terrain est généralement en pente du Nord au Sud et de l'Est à l’Ouest.
Ln Sui face étant aplanie an moyen de petites pierres plates, fixées avec, du mortier dans la proportion d’un tiers, les files de pierre taillée sont mises en place et elles forment la base du parement des murs qui son maçonnés, en pierre, en câillous et en mortier et dont l’épaisseur est dans la proportion d’un à trois. Le parement intérieur est vertical et le parement extérieur à sa partie supérieur incliné en dehors. L’épaisseur des murs est de 1m. 38 à 1.50 pour une hauteur de 4m20 à 4m50, c’est-à- dire qu’elle est égale au tiers de leur hauteur, proportion vraiment extraordinaire et peu en harmonie avec la résis¬
tance nécessaire pour supporter le poids des toits, question dont je m’occuperai plus loin.
J ai déterminé le poids spécifique du mortier employé pour la construction des murs. Ce chiffre est de 2.247. J’ai également déterminé celui des pierres et des cailloux qui entrent dans la construction de ces murs et j’ai trouvé pour la pierre de couleur qui est la calcédoine, 2.616 et pour la pierre grise quarzite 2.631.
Parements des murs. — L’intérieur est formé de panneaux divisés en Landes lisses, tant horizontales que verticales. La disposition des angles est vraiment remarquable, à cause de son originalité, mais si on 1 étudie avec soin, on voit qu'elle rappelle les pilastres de San Juan Teotihuacan, en les supposant divisées au centre par une ligne verticale. La base est formée par une ligne de pierres dont la surface extérieure est inclinée en dehors dès les premières assises. Quant à la partie supérieure du mur, a disparu complètement. Le parement intérieur qui est vertical est formé de trois bandes horizontales de dessins différents, tous rectilignes, laissant une bande lisse d’un mètre 35 d’épaisseur à partir du sol.
Ces dessins sont des mosaiques formées de petites pierres, quelques unes de 20 centimètres de long sur 13 de large et 10 d’épaisseur, entrant dans la muraille par le côté le plus large, et la grosseur des pierres forme la largeur des lignes des dessins. Ces pierres sont si fortement encastrées dans le mur qu’il n’est pas très facile de les en détacher. Le coin Nord-Est de la Salle ouest du groupe des Colonnes ayant évillé mon attention, j’ai remarqué que les dessins des deux parements voisins ne se raccordaient pas bien et que les murailles placées à angle droit n’étaient pas bien unies.
Portes. — Les entrées sont ouvertes dans les murs des cours et elles sont triples. Elles sont plus larges que hautes, car elles atteignent les dimensions de
lin, 70 à 2m, 35 de large sur lm,80 à 2m, 10 de haut, et pour former les linteaux de ces portes, on a employé des blocs de trachyte qui ont jusqu’ à 7 mètres de long, sur lm,10 de large et 0,80 d’épaisseur. Il est a remarquer que plusieurs sont brisés, d’autres sont soutenus par des étançons. Pour remédier à cet état de choses, ont à rétréci les vides en reforçant les jambes au moyen d’une nouvelle construction en maçonnerie. On ne risquait donc pas de se tromper, en affirmant que la première cause de la ruine a été la mauvaise disposition des ouvertures de ces portes, car les linteaux se sont brisés sous leur propre poids et sous celui de la petite partie des murs et des toits qu’ils supportaient.
Supports isolés ou colonnes. — J’ai dit quhl y a six colonnes dans une salle et deux seulement dans une autre: elles sont coniques avec un diamètre inférieur de 80 à 90 centimètres, tandis que le diamètre supérieur est de 55 centimètres. Leur hauteur au-dessus du sol est de 8m, 30 et 70 centimètres sont enterrés dans le remblai.
Me rendant â Mitla, je rencontrai par hasard une charrette traînée par des bœufs, emportant à Oaxaca une colonne provenant des ruines. C’était, sans doute celle qui se trouvait sur la place du village, en face de la mairie, la sœur des deux colonnes de la salle qui, avec les autres deux qui se trouvent à l’entrée de la maison du curé soutenaient le toit de la dite salle. Je mesurai la colonne dont le diamètre inférieur était de 80 centimètres, le diamètre supérieur de 55 centimètres et la longueur ou la hauteur de la colonne quand elle était debout, de 4 mètres. Son poids était 3.2Ô0 kilogrammes.
Toits. — Dès l’abord, on remarques dans la salle des colonnes, en haut des murs, les marques d’une surface plane sur laquelle ont dû reposer les matériaux qui formaient le toit. L’élévation de cette surface au-dessus du sol est. de 3m, 60 dans le salon intérieur des grecques, à l’Ouest de la cour intérieure, et au coin Nord-Ouest, on voit clairement la marque laissée par les poutres qui sans doute formaient les toits; ces trous en termes du métier, s'appellent vulgairement en espagnol, encorazados. Deux pierres minces placées verticalement, laissent un vide de 30 centimètres de largeur et d’une hauteur égale; puis, de même que de nos jours, une autr i pierre plate vient former la boite destinée à recevoir le bout de la poutre, entrée qui à 84 centimètres de profondeur. En outre, on voit encore dans la muraille la marque du côté courbe de la poutre que nous appelons cnh?ra, et comme la salle a 2 mètres 50 de large, les poutres,
durent avoir 3 métrés 13 de long cest-à-dire prés de quatre vares espagnoles. Une trouvaille importante vint me fournir un nouveau renseignement relatif à la construction des toits: ce tut un trou fait dans une pierre, comme on peut le voir en haut de la muraille ouest de la cour intérieure des grecques dans les photographies de Holmes et dans celle que prirent mes enfants. Ayant étudié cette pierre avec soin, j’ai trouvé que le trou correspond au chanfrein de la terrasse, c’est-à-dire au niveau de la dite terrasse, et, ayant mesurée cette distance, j’ai trouvé 0m,62 c’est-à-dire l’épaisseur de la poutre et celle de la couche de pierre du toit, y comprise la terre ainsi que le mortier de la surface de la terrasse: ce trou devait sans doute servir de tuyau d’écoulement des eaux pluviales. C’est sur ces données que j’ai formé les coupes transversales ci-jointes. Quant au salon des colonnes, l’élévation de la surface plane étant de 3 mètres 60 audessus du sol, et la hauteur de la colonne étant de 3m, 30, il en résulte foi cément que le support sur lequel reposaient les poutres du toit et qui reposait luimême sur les colonnes, doit avoir eu 30 centimètres, c’est-à dire 2/3 de l’ancienne vare espagnole. En faisant le rétablissement de la construction, Viollet-le-Duc à fait erreur en supposant qu’il y avait un morceau de poutre sur chaque colonne, sans doute parce qu’il n’était pas exactement renseigné sur la vraie hauteur des colonnes. Pour ma part, je répète que la surface plane étant à la hauteur de 3 mètres 60 dans les salles, et l’épesseur des toits étant de 62 centimètres, il en résulte que le total est de 4 mètres 22 pour la hauteur mesurée de 4,m20 sur la façade extérieure de l’ouest. Mes chiffres appuient donc une fois de plus le remarquables travail de Monsieur Holmes.
Stabilité des constructions. — La manière de couvrir un espace donné, c’est-à-dire le procédé adopté pour la construction des toits, constitue le premier caractère architectural, et comme on l’a déjà dit, les toits de Mitla furent plans ou en terrasse, formés de poutres en bois surmontées d’une forte couche de terre et d’une autre grosse couche de mortier. Je prendrai comme modèle d’étude le groupe des colonnes. Les salles étroites ont 2 mètres 50 de largeur, cette mesure est celle de la longueur des poutres, et comme l’épaisseur de la terre mélé de cailloux, de dalles et de couches de mortier est de 30 centimètres, le poids par mètre carré est de 400 kilos, on a dit également que les encorazcidos des poutres indiquent qu’elles pouvaient avoir 0m,30 de largueur; mais je réduirai ce chiffre à 0,m20. Avec ces, données, et appliquant la formule relative à une pièce de section rectangulaire, appuyée sur ses extrémités et char-
gée uniformément sur toute la longueur; prenant comnie coefficient moyen de la résistance du bois 50 kil. par centimètre carré, on trouve 0,087 pour l’épaisseur des poutres, de sorte que la hauteur de l’entrée dans le mur est suffisante: si nous considérons maintenant la pièce qui, placée sur les colonnes, soutenaint les poutres et le toit, pour la séparation de cinq mètres des appuis qui sont les colonnes, et supposant le même poids du toit par mètre carré, le support ayant 0,55 de largueur nous appliquerons la même formule avec le meme coefficient de résistance du bois et nous obtiendrons 0,31 pour l’épaisseur de la poutre, chiffre que nous avions déjà supposé. Ainsi donc, la stabilité des toits était assurée avec les dimensions données et le procédé de construction des dits toits.
Par conséquent, la main de l’homme et non le temps, fut l’unique cause principale de la destruction des édifices. Si nous étudions la resistence des murs, en raison de leur épaisseur, nous verrons qu’ en tenant compte du poids respectif des toits qu’ils supportent, la charge par centimètre carré est de 0;04 de kilograme, charge vraiment insignifiante, qui ne saurait avoir la moindre influence sur la
destruction des murs. Quant aux colonnes, vu les dimensions du salon et le poids du toit, chacune supportant le poids d’une surface de 17 mètres carrés 76 de toit, c’est-a-dire 7.104 kilogrames, et comme la section de la base est de 6,541 centimètres carrés, la charge par centimètre carré est de 1 kil. 28. Maintenant, le poids spécifique de la trachyte dont les colonnes sont, formées, étant de 1.68 et si nous comparons ces chiffres avec la résistence d’un autre genre de trachyte dont le poids spécifique est le même, résistance qui est comme pour les autres tracl iyt.es de 6 kilogrammes par centimètre carré, il en résulte que chaque colonne peut supporter le poids de 33.246 kilogrammes, et comme elles n’ont porté que 7.104 kilogrammes, il y a eu un excès considérable de résistance, comme le prouvent les colonnes qui sont encore debout. Quant a celles qui manquent, elles lurent transportées ailleurs, comme par exemple, celles qui sont à la porte du presbytère et celle qu’on a emporté récemment à Oaxaca. On ne saurait accuser le temps d’être la cause de la disparition des colonnes qui manquent. La main de l’homme est en réalité la véritable cause de la destruction, car la chapelle construite en 1671 est encore debout, ayant été respectée par les habitants de Milia, tandis que les idées religieuses firent que les conquérants construisirent, avec les matériaux des édifices, l’église du village sur les ruines qui restaient alors; quant aux indigènes, les nouveaux besoins qui leur furent crées les portèrent à aller eux aussi chercher dans les ruines les ma-
tériaux nécessaires à la construction de leurs propres maisons. Ce fait qui, à première vue, paraît propre des peuples peu civillisés a été commun à toutes les nations. On peut citer comme exemple, le cirque romain de Titus, le Colysée qui devint une carrière d’où certains personnages illustres ne se firent pas scrupule de tirer les matériaux nécessaires à la construction de leurs aristocratiques résidences, ce qui a donné lieu à un proverbe qui a passé à la postérité: Ce (pie les barbares ne firent pas , a été fait par les Baberini.
Et cependant, nous ne cessons de critiquer des faits semblables commis par une race naive et ignorante, au lendemain, de la conquête.
Origines et destruction des édifices. — Quoique cette question, appartienne exclusivement au domaine de l’histoire, plusieurs écrivains l’ont traitée. Le Colonel Doutrelain ne croit pas que les édifices de Mitla soient antérieurs au septième ou au huitième siècle de notre ère, et il ne croit pas non plus que ces ruines soient l’œuvre des premiers constructeurs de Mitla. Il suppose donc que les ruines qui existent actuellement sont postérieures à ladite époque, s’appuyant sur le dire des historiens d’après lesquels la religion des Zapotèques est dérivée de celle des Toltèques de Cholula, et que ceux-ci n’arrivèrent dans la vallée d’Anahuac que vers le milieu du septième siècle.
D’autres historiens supposent que les Zapotèques peuplèrent la vallée de Oaxaca, un peu moins de cent ans avant Jésus Christ * et qu’ils appartiennent à la première immigration toltèque qui eut lieu à cette époque, tandis que la seconde immigration aurait eu lieu au sixième siècle. Ils assurent que Mitla fut la résidence principale des rois Zapotèques, en 1351, quand Ozomatli y régnait selon Brasseur de Beaubourg. Les dissertations historiques qu’il y auraint lieu
de faire à ce sujet nous mèneraient trop loin, et cependant nous n’arriverions pas à avoir la connaissance exacte de l’époque de la construction des édifices de Mitla. Mr. Charnay qui s’est tant ocupé de l’étude des ruines de Yucatan, conclut qu’elles doivent avoir une origine toltèque et qu’elles sont modernes, c’est-à-dire qu’elles furent construites quelques siècles avant la conquête es¬
pagnole. Il prouve qu’à ladite époque, elles étaient habitées et comme on suppose que, si elles n étaient pas plus modernes que celles de Mitla, elles étaient de la même époque, on peut ainsi supposer que ces édifices étaient également habités. Voici d’ailleurs une preuve à l’appui que j’ai trouvée: Le P. José Antonio Gay, auteur d’un bel ouvrage sur l’Histoire d’Oaxaca, après avoir traite
* José Antonio Gay, «Histoire d Oaxaca» Mexico, 1881.
consciencieusement et en faisant preuve d’une véritable érudition la question de savoir quelles étaient les diverses races qui peuplèrent le territoire d’Huavacan, et quel était leur développement et leur degré de civilisation à l’époque de la conquête, s’appuyant entre autres auteurs, sur le P. Burgoa cité tant de fois, raconte ce qui suit:
Fray Bernardo Acuna de Alburquerque vint à Mexico en 1535 et il apprit la langue zapotèque. Il fut vicaire de la Maison religieuse de Tehuantepec, et Don Juan Cortès Cosijopii roi de Tehuantepec qui l’estimait beaucoup et qui était déjà vieux, lui donna des aumônes suffisantes pour construire le couvent qui existe encore. Cosijopii avait abdiqué en faveur du roi d’Espagne. Quoique riche et respecté de ses vassaux, il ne recevait pis de la part des Conquérants toutes les marques de considération qu’il méritait. Les biens qui lui avaient été laissés ne lui suffisaient pas pour les aumônes qu’il avait l’habitude de faire, ni pour soutenir le rang que lui imposait son ancienne grandeur. Les vice-rois réduisaient sucessivement. ses rentes jusqu’à cinq cents piastres en or par an. Mais ses sujets lui laissaient des cadaux qui augmentaient la peine du roi, car pour éviter d’éveiller l’envie chez les Conquérants, il les recevait secrètement. La fréquentation de ses sujets idolâtres, sa pauvreté et un évènement imprévu, précipitèrent son apostasie. Les prêtres de Mitla ne pouvant plus exercer leur ministère dans le sanctuaire qui portait ce nom, après que les Espagnols l’eurent envahi, allèrent avec leurs idoles à la Cour de Don Juan, le Huija tôô c’està-dire le grand atalava, celui qui voit tout, le grand prêtre des zapotèques et les Capahivitoo, c’est-à-dire les gardiens des dieux, ministres subalternes du culte, allèrent au palais pour demander au roi sa protection au milieu de leurs malheurs. Cosijopii s’étant fait baptiser, ne pouvait recevoir les prêtres sans trahir si nouvelle religion, mais hésitant et de mauvais gré il les recevait secrètement dans sa maison ou ils practiquaient leurs cérémonies et leurs sacrifices, tandis que le peuple y était également admis. Cela dura pendant plusieurs années, puis un espagnol, irrité parce qu’il n’avait pu obtenir de Don Juan, de l’argent, et soupçonnant que quelque chose de secret se passait chez lui se mit à épier et s’étant assuré que ses soupçons étaient fondés, fit quelques allusions au près du vicaire de la localité; Fray Bernardo de Santa Maria, et lui inspira des doutes sur la foi religieuse du cacique. Les soupçons éveillés, l’ecclesiastique observa de son côté et acquit la conviction de se qui ce passait: Don Juan revêtu des ornaments sacerdotaux était le grand prêtre qui officiait dans les cé-
rémonies religieuses. Fray Bernardo le conduisit personnellement au couvent, tandis que l’alcade mettait en prison les six autres prêtres qui avaient officié dans les cérémonies.
Le procès ayant été formé, Don Juan demanda, comme roi, à être jugé devant la Cour de Castille à laquelle il s’était soumis. Il se défendit devant le Tribunal et après avoir dépensé beaucoup d’argent, il fut condanné à perdre sa souveraineté, ses titres et ses rentes et à revenir dans son pays. Il mourut à Néjapan, après avoir appellé tous ses prêtres pour leur conseiller de se réconcilier avec la religion catholique, mais il n’eut pas le temps de recevoir les derniers sacrements de l’Eglise. Les autres six coupables anciens prêtres de Mitla,
furent exécutés dans un Auto de lé solennel. Il est donc évident que les édifices de Mitla étaient voués au culte à l’époque de la conquête et non en ruines depuis plusieurs siècles, comme on l'a supposé. Pour ma part, je n’ai pu me soustraire au devoir de citer cette page d’histoire qui peut éclairer le lecteur au sujet de l’antiquité attribuée aux ruines de Mitla. Les historiens doivent faire des recherches, afin d'obtenir une certitude, sur tout ce qui concerne l’origine et la destruction de ces édifices d’autant plus que l’état actuel des ruines ne justifie pas la grande antiquité que certaines personnes leur attribuent. Il en est de même au sujet des monuments de l’Inde auxquels le docteur Lebon assigne un
respectables. *
Style architectonique des édifices des indiens. — La description des ruines
de Mitla que nous venons de faire nous fournit les éléments nécessaires pour les étudier au point de vue de l’architecture et pour les classer par un procédé analogue à celui qu’on emploie en botanique pour les produits végétaux.
Nous avons dit que les constructions de Mitla sont élevées sur des remblais de peu de hauteur qui servent de salle basses, étroites comparativement à leur longueur; que les murs de pierre et d’argile sont très épais, a tel point que leur épaisseur égale le tiers de leur hauteur; que les toits étaient plans,
* Docteur Gustave le Bon. — «Les monuments de l’Inde» Paris 1893. pag. 2. «Nous ne possédons pas en France un seul ouvrage concernant l’étude des monuments de l’Inde et nous comptons par centaines ceux qui sont consacrés aux monuments de 1 époque gothique ou delà Renaissance. Il suffit d’autre part, de parcourir les ouvrages généraux sur l’histoire des arts pour % on ■jusqu'à quel point les monuments de l'Inde sont inconnus. Les quelques pages que les auteurs croient devoir leur consacrer sont criblées d’erreurs. Dans les quatre volumes de son excellent .Dictionnaire d’ Architecture.. Mr. Bosc leur a réservé tro.s pages et il attribue huit nulle ans , existence aux temples d’EIephanta qui furent construits au huitième siècle de noti e eu , et qui on peut les considérer cependant comme les monuments de l’Inde les mieux connus.
formés de poutres de bois et de terrasses, et que les murs étaient revêtus de mosaiques de petites pierres formant des dessins géométrique rectilignes. Nous avons dit aussi que ces salles disposées en angle droit formaient des cours rectangulaires plus basses qu’elles, et que diverses cours constituaient les trois groupes de l’Église, des Colonnes et du Ruisseau. La même disposition existe dans les ruines de Palenque, d’Uxmal et de Chichen Itza, comme on peut en juger par les plans et les vues ci-joints. On peut même dire qu’ils appartiennent à l’architecture toltèque, opinion confirmée par l’examen des statues qui ont été trouvées, comme celle qui a été découverte en 1874 à Chichen Itza, et qui ressemble à la statue de Tlaxcala, du musée national de Mexico, et à celle du jardin de Barron à Tacubaya D. F. Cette ressemblance existe encore entre les petites idoles dont nous reproduisons le dessin et qui proviennent de la vallée de Mexico et d’autres qui furent trouvés dans l’Etat d’Oaxaca. On voit aussi une ressemblance entre les revêtements des murs, comme on peut s’en rendre compte en faisant une comparaison avec la reproduction ci-jointe de la façade du palais des Nonnes d’Uxmal, où le même procédé a été employé pour le revêtement, avec cette différence que les pierres sont plus grandes et qu’on y voit une grossière statue d’indien.
Connaissant la disposition et la construction des anciens monuments mexicains, il nous reste à chercher leurs similaires parmi les anciens monuments du monde entier. D’abord la construction des murs de petites dimensions, en pierre et en terre, nous révèle, comme l’a dit le fameux architecte Viollet-le- Duc l’œuvre de la race jaune, si différente des travaux de la race blanche ou arienne qui ni construisit que des monuments colossaux comme le montrent les planches ci-jointes Le Sphinx, les pyramides d’Egypte, les ruines de Karnac, de Balbeck, de Thèbes et de la Syrie, le Parthénon et l’Erechteion, les thermes de Caracalla, etc. en sont des preuves évidentes. C’est donc vers l’Asie que nous devons tourner nos regards, et de préférénce vers l’Assyrie, vers Ninive, par exemple, pour faire des comparaison raisonnées avec nos monuments.
Le Colonnel Doutrelaine, avec la réserve qui caractérise les vrais érudits avait déjà aventuré en 1863 une opinion d’après laquelle «ces constructions ont une ressemblance remarquable avec celles de l'ancienne Ninive , autant que lui permettaient de l’affirmer ses souvenirs des ruines assyriennes , dont il n’avait à Mexico où il écrivait, aucun dessin ni aucune description , et que par conséquent, il n'osait défendre aucune théorie sur l'origine asiatique
HOUSE OF THE OLD WOKIAft
< CasA de Viejas.)
SKETCH-MAP, ruins or