‹ Étude sur les Satires d'HoraceChapitre 4 sur 48 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

quelle est la psycholog-ie d'H., quelles sont ses victimes e( comment il se prend k elles, quelles sont ses connaissances philosophiques et où il les a puisées, si ses idées se modifient dans le courant des satires, comment l'observation de la vie, son tempérament, ses études théoriques et ses habitudes de pensée concourent à constituer le fond moral de son œuvre. S'il part toujours du concret et du particulier, si c'est son pays, son temps et lui-même qu'il a pris pour sujet de ses méditations, il n'est pas moins vrai qu'il arrive k des conclusions générales ; il opère sur une fraction déterminée de l'humanité, mais avec tant de justesse et de perspicacité, qu'encore aujourd'hui l'humanité peut tirer profit de ses leçons ; s'il y a dans ses écrits satiriques des parties mortes, il y en a d'autres encore vivantes et il faut distinguer les unes des autres.

Les études sur H. sont généralement dominées par un double préjugé ; d'une part, on l'apprécie avec son propre tour d'esprit ' et l'on ne veut pas voir en lui tout simplement ce qu'il est — un Romain teinté d'hellénisme du dernier siècle avant Jésus-Christ, avec une intelligence très ouverte et très libre, mais aussi avec les opinions et les idées toutes faites qu'on emprunte au milieu où l'on vit et dont nul ne se débarrasse absolument ; d'autre part, comme on tient k en faire un modèle, on incarne en lui un idéal dont il n'avait nul souci. On cherche k tout prix k sauver l'honneur d'H. On n'en croit point ses aveux ingénus, on leur trouve un sens détourné. C'est Ik un jeu qui n'a point d'utilité. Il faut voir H. tel qu'il est, sans retouche plus ou moins bienveillante : tel qu'il est, c'est un type très intéressant d homme et de penseur.

Je ne cache point ce que je dois k mes prédécesseurs ; mais je me réclame de l'adage courant entre philologues, que nul ne peut prétendre avoir lu tout ce qui a été publié sur Horace.

A. Cartault.

Paris, Juin 1899.

I. Luc. Millier, Quinlus Iloratius Flaccus, 1880, p. il, remarque que les critiques modernes ont voulu retrouver chez Horace les qualités de leur nation : « Den Englandern imponirte besonders seine praktische Lebensklugheit, den Franzosen seine wellmannisclie Feinheit und GewandUieit, die Deutschen waren eifrigst bemiiht, seine Moralitat zu sondiren, besonders ihn von den moralischen Beschuldigungen altern w'ic neuern Ursprungs reinzuwaschen... ».

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