‹ Étude sur les Satires d'HoraceChapitre 6 sur 48 · Luc. Millier, Safiren Wieii, 1891, I*'»"- Theil, p. xvi · texte numérisé non relu

Luc. Millier, Safiren Wieii, 1891, I*'»"- Theil, p. xvi

2. C. Franke, Fasti Horatiani, 1839, p. 12 sq. ; C. Kirchner, Des Q. IJnratiiis Flaccus.. Satiren, I-"^"" Theil, 1854, p. 4; Dillenburger", Q. Iloraii FIncci..., 1881, p. 3... etc.. (Le doute exprimé par Lachmann, C. F"ranke, /. <■., p. 33, poluisse Horatium in Asiam venire, recueilli par les biofi^raphes postérieurs ne parait pas acceptable). Cf. H. Dïintzer, Krit. u. £'/7i/., 2''^'' Theil, 1841, p. 34.

C) Ki'ihK sun i.i;s s\'iinr:s d iiohac.e

l;i suite' et de la S. I, 7, dont la scène se passe probablement à Glazomènes, bien qu'H. dise simplement (v. 4 sq.) que Persius y avait de grands intérêts. Qu'il ait assisté aux débats, c'est ce que prouve la compétence avec laquelle il les raconte. Toute )a question est de savoir si H. a composé la pièce sur le moment même ou après son retour en Italie. Ce qui me fait pencher pour la seconde hypothèse, c'est le mot proscripti (v. 1). Il y avait sûrement d'autres proscrits dans l'armée de Brutus; ni le mot ni la chose ne prêtaient à plaisanterie ou à injure. Une fois en Italie — et regrettant son escapade — H. pouvait parler plus légèrement. Rupilius avait sans doute des ennemis à Rome, qui racontaient comment il s'était fait moucher par un Levantin. H., témoin de sa mésaventure, a voulu en donner une version authentique.

Le fait qu'il servit sous Brutus comme tribun militaire est attesté par Suétone 2. H. nous a laissé sur cette période de sa vie quelques détails à ditférentes époques. Le témoignage le plus voisin des événements — mais non contemporain — est celui de la S. I, (), 47 sq., où, sans renier Brutus, ce qu'il n'a jamais fait, il [)arle assez dédaigneusement de l'obtention de son grade, l'îittribuant à une sorte de hasard, tandis que lamitié de Mécène repose sur un choix réfléchi. Plus tard, il met les deux choses sur le même niveau, Ep. I, 20, 23 : Me primis urbis belli ])lacuisse domique. C'est qu'à l'époque de la S. I, G, à peine sorti de ce (juil considère comme un mauvais rêve, il ne s'explique pas bien l'engoûment irréfléchi qui l'a fait agir, et qu'en outre il est bien aise de sacrifier le passé au présent pour donner à celui-ci plus d'éclat. Au contraire, à l'époque de l'Ép. I, 20, il jette complaisamment un regard en arrière, dans un passage destiné à la postérité, où il résume tout ce qu'il peut trouver d"h()n()ral)le sur lui-même. La divergence d'apprécitition du même fait, suivant le moment, est tout à fait caractéristique d'Horace.

Si son enrôlement fut passif, sa conduite dans l'action paraît l'avoir été également, C. II, 7, î) sq. : Tecum Philippos et celerem fugam Scnsi; il a subi la déroute; c'est un événement dont il a eu le contre-coup. La perte du bouclier (après Archi- Icxpic, Alcée, Anacréon) n'est cju'un trait humoristique (pci/v»»/.?.

I. i\ir(>xcm|)lt«, Kpihv I. ii, v. 4 sq., Il, v. I sq.: liiMi ne nous autorise, à croire .|ii'il soil ri'tourné plus tard en .\sie, i. HoilIVisclicid, 1». 4V.

diminutif; on a même prétendu qu'H., tribun militaire, ne portait pas le bouclier) et l'aveu, qui a centriste les défenseurs de l'honneur d"H., révèle une disposition d'esprit fréquente dans le 2"'" 1. des S., où il se prend volontiers comme sujet de son observation mordante et ne se surfait pas. Il est de l'époque où sa participation à la g^uerre civile lui apparaît comme une erreur inexplicable et où, du reste, il a intérêt à se représenter comme un inconscient, jouet du hasard. C'est la théorie à laquelle il s'est définitivement arrêté, Ep. II, 2, 47 : Ciuilisque ruclern belli tulit aestiis in arma '.

Il fut gracié — uenia impetrata, dit Suétone- — et ne nous apprend pas comment '^. Il tenait peu à parler de ces faits postérieurement. G. III, 4, 2o sq. il attribue son salut aux Muses (à 1 époque des carrnina il aime à entourer sa personne de merveilleux). C. II, 7, 13 sq. il fait intervenir Mercure, qui l'enlève comme un héros de l'Iliade. Il s'oppose à son camarade Pompée qui, lui, a été entraîné de nouveau par le Ilot, c'est-k-dire qui a continué la g-uerre; ce n'est donc pas seulement son salut sur le champ de bataille, mais sa disparition de l'armée républicaine qu il impute à Mercure. D'où l'hj'pothèse qu'il y eut une intervention particulière, restée mystérieuse par la volonté d'H.

La seconde bataille de Philippes ayant eu lieu vers le milieu de Nov. 42, c'est probablement à la fin de cette année, qu'H. rentra en Italie. Il est tout à fait arbitraire de rapporter à son retour le danger de mort qu'il a couru un jour au cap Palinure, C. III, 4, 28, et qui peut avoir trait à utie excursion quelconque que nous ignorons '\ D'autre part, Venouse figure

1. Ceci est écrit à un moment où il n"a plus intérêt à déguiser la vérité en ce qui le concerne; il laltère pourtant en ce qui concerne Auguste qu'il substitue, comme vainqueur de Philippes, à Antoine.

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