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Étude sur les sociétés coopératives et leur constitution légale, précédée d'un coup-d'œil sur

« L'association est très-nécessaire à la liberté ; » elle donne de la force à cenx qui n ont pas de » force. La liberté, sans la liberté de s associer, » aboutirait tôt ou tard à l'oppression ; elle recon- » naîtrait le droit des minorités, mais elle en sup- » primerait l'usage. Par Tassociation volontaire, le » droit est en même temps reconnu et armé; il » devient un fait, ce qui équivaut à dire que, par » elle, la société devient juste (1). »

Ces principes posés, et l'on ne saurait en concevoir de plus sûrs ni de plus larges, ou espérer pour eux une meilleure expression, l'esprit est sollicité par deux problèmes.

Quel a été le passé de Tassociation, quel peut être son avenir ?

L'histoire complète de l'association est encore

(1) Jules Simoii. Le Travail. Préface. H.

à faire , quoique de bien remarquables chapitres en aient déjà été écrits par M. Jules Simon, M.. Laurent, M. Levasseur et M. Villermé. Que Ton veuille me le pardonner; mais j'ai essayé, moi aussi, d'en écrire un, qui -a pour titre : Des Sociétés taisibles (1) au moyen-âge. Il a été lu aux réunions des sociétés savantes de la Sorbonne, en avril 1865; on lui a fait rhonneur de l'insérer dans le Recueil des travaux de ces sociétés, et il va sersdr d'introduction à rétude sur les Sociétés coopératives que je présente maintenant.

Quant à l'avenir de Tassociation, je crois fermement qu'il est dans la Coopération^ telle qu'elle s'organise, en respectant la liberté de tous, et sans rien demander à l'Etat. De bien plus autorisés que moi le croient également et le disent dans des journaux qui pasèent ou dans de beaux livres qui restent. Je l'ai dit, moi aussi, comme il convenait à mon obscurité, sans prétention et sans bruit, dans le cours d'économie politique que je professe à la Faculté de Droit de Toulouse.

Et si je publie maintenant ces leçons , qui ont conservé la forme simple de l'entretien didactique , c'est que , faites après bien des écrits sur pareille matière, — quoique cependant avant l'apparition du

(1) Taisibles, contractées sans écrit, sans publicité extérieure. Tacitœ , lacenteg.

bel ouvrage de M. Jules Simon sur le Travail (1) , — après les discussions à la Société d'Economie politique de Paris, sur les Meilleures conditions légales pour les associations ouvrières (2) , et enfin , après la diffusion d'une foule de détails de statistique sur le mouvement coopératif, elles peuvent offrir un résumé succinct et exact de toutes les opinions émises et de tous les faits constatés.

Peut-être cette publication épargnera -t- elle quelques recherches à ceux qui voudront suivre les débats auxquels donnera lieu le projet de loi présenté sur les Sociétés de coopération, que ces débats aient lieu cette année ou Tannée prochaine.

J'écrivais ces leçons , prononcées depuis plus de deux mois, quand a paru un livre de M. H. Cernuschi, qui peut être de nature à inspirer du découragement à Tendroit des sociétés coopératives. M. Cernuschi est un économiste trop remarquable; son livre, Mécanique de F échange ^ l'a placé trop haut et trop avant dans Testime de tous ceux qui ont souci des problèmes économiques pour que Ton ne dût pas considérer comme un devoir de s'efforcer de répondre à cette pensée de découragement, quand on ne la partage point. C'est ce que j'ai tenté à la fin de ce petit volume.

(1) Ces leçons oui été faites les 17 et 24 Tévrier; 3, 10 et 17 mars.

(2) Voir Journal des Economizle», n» de jauYÎer 1866, p. 157.

VUJ

Les sociétés coopératives sont encore jeunes;, elles peuvent avoir besoin de toute espèce de défenseurs. Elles en ont d'illustres, elles en ont même sur le trône (1). Ce n'est pas une raison pour que les faibles et les humbles s'abstiennent de s'armer pour la même cause.

En descendant dans Tarène, eux aussi, ils font de la bonne coopération, dans le vrai sens du mot.

En coopération, les apports sont souvent toutà-fait inégaux.

Toulouse, l«r juin 1866.

H. ROZV.

(1) Discours de l'Empereur au Corps législatif, le 22 janvier dernier : « L'en- » quête sur les sociétés coopératives est venue démontrer combien étaient justes » les bases de la loi qui vous a été présentée sur cette importante matière. Cette » loi permettra rétablissement de nombreuses asspcialions au profit du travail M et de la prévoyance. »

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