LES TESTS D’INTELLIGENCE
Très schématiquement, on peut distinguer dans la personnalité humaine des éléments intellectuels et des éléments affectifs, les deux catégories de facultés étant relativement indépendantes les unes des autres. Cette division, valable pour la psychologie générale, doit être remaniée en vue de l’étalonnage des valeurs. Il y a en effet lieu de tenir compte de deux faces de l'individu : sa valeur personnelle, humaine et sa valeur professionnelle. Maïnts exemples montrent que les deux ne vont pas toujours de pair. Les sujets les plus intelligents ne sont pas toujours ceux qui fournissent le meilleur travail professionnel et inversement. En dehors de ces deux sortes de valeurs, il faut tenir compte du comportement social de l’individu, de ses rapports avec ses semblables, en un mot de son caractère. Dans ce chapitre et dans les suivants, nous étu-
diérons ces trois catégories de valeurs.
Parmi les tests utilisés pour mesurer l'intelligence,
les plus importants sont ceux de Binet et Simon et les procédés qui en dérivent. Notons encore le système de Rossolimo, appliqué par Vermeylen, les épreuves de Stern, etc. Nous envisagerons ici surtout les tests de Binet et Simon qui ont l’immense avantage de la simplicité et de la faculté d’application.
La plus grande difficulté des tests d’intelligence est de faire abstraction des connaissances acquises. Autrement dit, un test d'intelligence ne doit pas être une épreuve de connaissances, d’instruction. D’un autre côté, il est impossible de mesurer l'intelligence vide, sans objet. Cette considération oblige d'utiliser des connaissances tout à fait rudimentaires, celles qu’on suppose exister chez tous les sujets.
Un reproche qu’on adresse généralement aux tests Binet-Simon est d’utiliser comme unité l’âge. Cet étalonnage a amené les auteurs à cette conclusion apparemment absurde qu'aucun adulte ne dépasse l’âge mental de 15 ans. Comme le fait remarquer Wallon, la cause de ce jugement paradoxal est que les épreuves utilisées, elles-mêmes, ne dépassent pas le niveau mental d’un sujet de 15 ans.
Ces reproches mis à part et considérant qu'il s’agit de moyens empiriques, éprouvés par un nombre énorme de résultats, on peut cependant admettre que ces tests peuvent donner une idée approximative du.
développement mental des enfants. Nous allons décrire rapidement la manière dont on procède.
Il existe une série de tests pour chaque âge, au nombre de cinq. Voici la liste de ces tests :
3 ans
Montrer le nez, les yeux, la bouche.
Répéter deux chiffres.
Enumérer les objets d’une gravure.
Donner son nom de famille.
Répéter une phrase de six syllabes.
4 ans
Donner son sexe.
Nommer objets usuels : clé, couteau, sous.
Répéter trois chiffres.
Comparer la longueur de deux lignes.
5 ans
Comparer deux poids. Copier un carré.
Répéter une phrase de dix syllabes.
Compter quatre pièces de un sou.
Reconstituer une figure géométrique coupée en
deux.
6 ans
Distinguer le matin et le soir.
Définir un objet par l’usage que l’on en fait. Copier un losange.
Compter treize pièces de un sou.
Comparaison esthétique de deux images.
7 ans
Distinguer main droite de main gauche.
Décrire une gravure.
Exécuter trois commissions simples.
Compter six pièces de un sou et six de deux sous. Nommer quatre couleurs.
8 ans
Comparer deux objets de souvenir.
Compter de 20 à 0.
Compléter une figure qui a une lacune.
Donner la date du jour.
Répéter cinq chiffres.
DA
9 ans
Rendre la monnaie sur un franc.
Définir un objet autrement que par l’usage.
Reconnaître toutes les pièces de monnaie.
Enumérer les mois.
Questions d'intelligence proprement dite (par exemple lorsqu'on a raté son train, qu'est-ce qu’il faut faire ?).
10 ans
Ordonner cinq poids.
Faire deux dessins de mémoire.
Critiquer des phrases absurdes.
Questions d'intelligence plus difficiles.
Faire une phrase avec trois mots quelconques.
12 ans
Résister à une suggestion de ligne.
Faire une phrase avec trois mots.
Dire plus de 60 mots en trois minutes.
Définir un terme abstrait.
Définir le sens d’une phrase en désordre.
15 ans
Répéter sept chiffres.
Trouver trois rimes.
haie
Répéter une phrase de 26 syllabes.
Interpréter une gravure.
Problème de fait divers.
Voici les principaux tests utilisés. Le classement des sujets se fait, après enregistrement des réponses de la façon suivante : un enfant a au moins l’âge pour lequel il a pu répondre à toutes les questions. À cet âge on ajoute autant d’années qu'il a fourni cinq questions satisfaisantes. Par exemple, si un enfant a donné une réponse correcte à tous les tests de 7 ans et à trois tests de 8 et à deux de 9 ans, on lui donne l’âge mental de 8 ans. S’il à répondu à trois tests de 8 ans et à quatre de 9 ans, il a 8 ans et 2/5.
Binet et Simon exprimaient simplement l’âge. Les auteurs américains établissent des coefficients : âge réel, âge mental. Chez un enfant normal, ce coefficient est égal à 1. Chez les enfants d’intelligence supérieure il est supérieur à 1, chez les arriérés il est une fraction de l’unité.
Malgré une simplicité apparente, le test de Binet et Simon est d’une très grande complexité et rend compte à la fois des connaissances acquises, de la mémoire, de la compréhension et même de certains éléments affectifs. Les tests de Bobertag, de Goddard et l’Army Test, utilisé en Amérique pour le recrute-